Les taux souverains se stabilisent après un net rebond
La nouvelle flambée du prix du pétrole déclenchée en fin de semaine dernière par une tournée américaine décevante en Chine n’affecte pas les taux d’intérêt après leur nette hausse des 14 et 15 mai.
Lundi matin, le cours du Brent bondissait de plus de 4%, à 111 dollars, retrouvant ses niveaux du 5 mai dernier avant qu’il ne tombe ponctuellement sous 100 dollars.
«Il est clair que les investisseurs anticipent un conflit [au Moyen-Orient] plus long, puisque le contrat à terme sur le Brent à six mois a également atteint 92,14 dollars le baril ce matin, ce qui constituerait son plus haut niveau de clôture depuis le début du conflit», estime Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank. Selon lui, «ces fluctuations du marché pétrolier ont exacerbé les craintes d’un choc stagflationniste, ce qui a encore fait grimper les rendements obligataires mondiaux ce matin».
Des sommets de plus de 10 ans
Le taux souverain français à dix ans était stable vers 11h, à 3,81%, après avoir touché dans la matinée un plus haut depuis fin mars qui constituait un record depuis juin 2009. En quelques jours, il a bondi de 14 points de base (pb).
En Allemagne, le rendement de l’obligation souveraine à même échéance se stabilisait également, à 3,16%, après un gain de 12 pb depuis jeudi soir, ce qui constitue un record depuis 2011. De son côté, le taux italien stagnait, à 3,95%.
Aux Etats-Unis, le rendement souverain à dix ans demeurait à son niveau de vendredi, à 4,62%, en hausse de 15 pb depuis le 14 mai.
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Le stratégiste de Deutsche Bank voit même un début de découplage entre les taux et le pétrole, avec des niveaux historiques depuis plusieurs décennies. «Si l’on considère l’ensemble du conflit, les rendements obligataires ont évolué de concert avec le pétrole, et l’évolution la semaine dernière ne semble pas particulièrement anormale. Cependant, en y regardant de plus près, on constate que les rendements, initialement alignés sur le prix actuel du pétrole, paraissent désormais légèrement supérieurs à celui-ci, suggérant un léger découplage vendredi. Les rendements des obligations d'État américaines à 30 ans ont atteint leur plus haut niveau depuis 2007, ceux des obligations d'État japonaises à 30 ans leur plus haut niveau depuis leur introduction en 1999, les gilts à 30 ans ont retrouvé des niveaux inédits depuis 1997».
Dans ce contexte, les Bourses européennes ont ouvert dans le rouge. Peu après 9h, l’Euro Stoxx 50 perdait 0,9%, le CAC 40 1% et le Dax 0,5%.
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