Le « super-comité » du Congrès américain doit reconnaître un cuisant échec

Les négociations pour dénicher des mesures de réduction du déficit fédéral sont dans l’impasse. De quoi semer l’incertitude sur les marchés
Benoît Menou

Le rocambolesque feuilleton estival centré sur le relèvement du plafond de la dette des Etats-Unis, n’aura pas semble-t-il servi de leçon au Congrès. Selon toute vraisemblance, et à en croire les critiques ouvertes de chaque camp cette nuit laissant peu d’espoir à une issue heureuse au dernier instant, les coprésidents de la commission spéciale chargée d’examiner les moyens de réduire le déficit fédéral, le «super-comité», devraient constater aujourd’hui l’échec de leur mission. La perte de la notation AAA n’aura pas suffi à imposer le devoir de convergence.

Créé il y a trois mois, le comité avait pour mission conformément à l’accord conclu, d’identifier au moins 1.200 milliards de dollars d'économies sur dix ans. L’impasse devrait être formalisée par un communiqué cosigné par Jeb Hensarling, élu républicain à la Chambre des représentants, et Patty Murray, sénatrice démocrate, selon Reuters.

Pas de doute pour le chef économiste de Nationwide Insurance, Paul Ballew, cité par l’agence, «le Congrès laisse passer l’occasion de présenter un plan crédible aux marchés alors qu’une des dernières choses dont nous ayons besoin, c’est davantage d’incertitude».

L’accord trouvé le 31 juillet sur le relèvement du plafond de la dette fédérale prévoyait que le «super-comité» remette ses conclusions ce mercredi au plus tard. Aujourd’hui constitue la date-limite pour le comité, car tout projet doit être soumis préalablement pour analyse de faisabilité par l’Office budgétaire du Congrès, le CBO. A défaut, un mécanisme de réduction automatique des dépenses d’un montant équivalent entrerait en œuvre à compter de 2013. Ces réductions automatiques frapperaient à parts égales les programmes civils et militaires. Sauf retournement improbable, c’est ce scénario-là qui devrait se produire.

Les élus démocrates et républicains siégeant au comité spécial se sont une nouvelle fois opposés sur les deux questions cruciales que sont les impôts et les programmes sociaux. Après avoir cédés sur les coupes budgétaires lors des précédentes batailles livrées au Congrès, les démocrates réclamaient une augmentation significative des impôts, notamment pour les riches. Les républicains, qui avaient accepté de revenir sur leur refus de principe de toute hausse des impôts, demandaient en revanche une refonte fondamentale des programmes de sécurité sociale, dont Medicare.

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