Sans surprise, l’activité en zone euro s’est effondrée en mars avec le confinement de nombreux pays pour faire face au coronavirus. L’indice composite PMI auprès des directeurs d’achat calculé par IHS Markit a chuté à un niveau record de 29,7 en mars, après 51,6 en février, et 31,4 en estimation flash. Cela constitue de loin la plus forte baisse sur un mois depuis le début de l’enquête en 1998.
«Les données indiquent que l'économie de la zone euro se contracte déjà à un taux annualisé proche de 10%, et que le pire est inévitablement à venir», a déclaré Chris Williamson, économiste chez IHS Markit, citant les secteurs les plus touchés : voyages, tourisme, restaurants et loisirs. Et ce, malgré les mesures des gouvernements pour proposer aux entreprises une prise en charge du chômage partiel. Le secteur des services est quasiment à l’arrêt avec un indice PMI à 26,4 en mars, après 52,6 en février, bien plus encore que le secteur manufacturier (PMI à 44,5) qui a continué à produire un peu.
En Allemagne, les entreprises des services ont réduit leurs effectifs au rythme le plus rapide observé depuis près de 23 ans : l’indice PMI des services y ressort à 31,7, après 52,5 en février, bien au-dessous du seuil de 50 qui sépare une croissance d’une contraction de l’activité. Pire que l’indice manufacturier tombé à 45,4, l’indice PMI composite a chuté à 35,0 en mars, après 50,7 en février.
Idem en France, où le secteur des services a connu sa contraction la plus forte jamais enregistrée, avec un PMI services tombé à 27,4 en mars, après 52,5 en février, et un indice composite à 28,9, après 52,0 en février – l’indice PMI manufacturier était ressorti à 43,2 mercredi.
L’Italie bat évidemment tous les records, avec un PMI des services à 17,4 en mars, après 52,1 en février, et un indice composite à 20,2, après 50,7 en février, avec un indice PMI manufacturier ressorti à 40,3. La troisième économie de la zone euro se dirige aussi tout droit vers une récession avec laquelle elle flirtait déjà avant le choc du coronavirus.
En Espagne, le PMI services ressort à peine mieux, à 23,0 en mars après 52,1 en février.
Enfin, le Royaume-Uni souffre aussi : le secteur des services britannique a connu en mars son repli le plus marqué jamais enregistré, avec un indice PMI à 34,5, après 53,2 en février, et un PMI composite à 36,0, après 53,0 en février – le PMI industriel ressortait à 47,8.
La croissance des moteurs que sont l’investissement et la consommation reste soutenue. Sans relancer l’inflation sous-jacente en juin, au vu des indices liés aux dépenses PCE également publiés jeudi. De quoi faire patienter les marchés et envisager un nouveau statu quo de la Fed en septembre.
Le rôle de l’immigration dans la croissance, tout comme l’impact du fonds souverain sur l’investissement, seront des facteurs clés de l’évolution économique du pays dans les années à venir.
Comme la quasi-totalité des analystes le prévoyaient, la Banque d’Angleterre (BoE) a maintenu inchangé son taux directeur à 3,75% jeudi, soit un statu quo pour la cinquième réunion consécutive. Mais le vote est passé à seulement 6 voix contre 3.
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