Le risque juridique reste un sujet majeur pour Bank of America
Bank of America (BoA) continue d’amasser des provisions pour litiges juridiques. Après avoir mis de côté 6 milliards de dollars au premier trimestre, la banque américaine a comptabilisé 4 milliards de dollars de plus au deuxième trimestre, contre 471 millions de dollars sur la période comparable de 2013. Un montant qui se situe dans la borne haute des attentes de Wall Street.
L'établissement basé à Charlotte (Caroline du Nord) négocie actuellement une transaction avec le département de la Justice (DoJ) pour mettre fin à des poursuites sur des titres adossés à des créances hypothécaires (MBS). Selon Reuters, BoA a proposé 12 milliards de dollars pour clore le dossier, alors que Washington en réclame 17 milliards.
Des MBS étaient également au cœur d’un conflit avec AIG. Ce litige, impliquant Countrywide et Merrill Lynch - deux établissements rachetés par BoA en 2008 et 2009 - vient de trouver un dénouement, la banque acceptant de verser à l’assureur 650 millions de dollars. Dans le cadre de ce règlement à l’amiable, AIG cessera en outre de contester un accord de 8,5 milliards de dollars conclu par BoA avec des investisseurs privés.
Les résultats trimestriels du groupe sont marqués par ce fardeau juridique. Le bénéfice net ressort à 2,04 milliards de dollars (1,51 milliard d’euros), soit un recul de 43% sur un an. Hors ajustements comptables, le produit net bancaire a diminué à 21,7 milliards de dollars contre 22,7 milliards un an plus tôt. Comme chez Wells Fargo ou JPMorgan, l’activité est caractérisée par un affaiblissement prolongé dans le domaine du refinancement des crédits hypothécaires. La division des services immobiliers aux particuliers a essuyé une perte de 2,8 milliards de dollars, en diminution toutefois comparée au premier trimestre (5,03 milliards). De plus, la production de nouveaux prêts hypthécaires a chuté de 59% sur un an.
Dans la banque de financement et d’investissement, BoA fait mieux que ses concurrentes. Moins dépendante des changes et des matières premières, la division FICC a vu ses revenus croître de 5% en glissement annuel, à 2,4 milliards de dollars. Bien que l’année 2014 ne soit pas de tout repos, avec une perte enregistrée au premier trimestre et une erreur comptable signalée en avril, le PDG Brian Moynihan affirme que le groupe est «bien positionné», soulignant pêle-mêle la reprise de la consommation, des actifs de courtage en forte hausse et le dynamisme de la clientèle entreprise.
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