Le résultat des élections législatives espagnoles conforte les marchés
Les rendements des emprunts d’Etat espagnols se sont encore resserrés lundi après les élections législatives du week-end, au cours desquelles le Parti socialiste (PSOE) a obtenu 123 sièges sur 350 (contre 85 aux dernières élections). «Si vous comparez cela à nos pires craintes pour l’Europe, c’est le résultat le plus pro-européen», a estimé Marie Owens Thomsen, responsable de la recherche économique d’Indosuez Wealth Management citée par Reuters. Pour rester en place, le gouvernement de Pedro Sanchez devrait théoriquement former une coalition, par exemple avec le parti de gauche Podemos (42 sièges) et un autre. «Mais il est très possible que le PSOE forme un gouvernement minoritaire s’il parvient à obtenir le soutien parlementaire de Podemos et de certains des plus petits partis, potentiellement sans avoir besoin de recourir aux partis catalans indépendantistes, explique Javier Rouillet, analyste de DBRS pour l’Espagne. Les alliances politiques sont peu probables avant les élections locales et européennes de fin mai.»
Malgré ces incertitudes, renforcées par la montée en puissance du parti d’extrême droite Vox (24 sièges), les rendements des souverains espagnols à 10 ans, qui avaient déjà chuté de 6 points de base (pb) vendredi, ont encore baissé d’environ 3 pb lundi, à 1,00%. L’écart avec le Bund a atteint son plus bas depuis plusieurs semaines, à 100 pb. Les obligations d'État espagnoles ont été parmi les plus performantes de la région depuis deux ans, soutenues par la croissance du pays et le relèvement de sa note (A) par deux des trois principales agences. «En 2019, l’Espagne continuera de surperformer les autres grandes économies de la zone euro, l’Allemagne, la France et l’Italie, estime Barclays. Nous pensons que les marchés ne réagiront pas de manière négative à l’incertitude politique des prochaines semaines.»
A l’opposé, la confirmation du maintien de la note «BBB» par S&P Global Ratings n’a pas suffi à rassurer tellement sur l’Italie : le rendement des obligations italiennes à 10 ans est finalement resté autour de 2,58%, après avoir chuté à 2,53% avant les échanges lundi matin. La position de confrontation et les tensions au sein même du gouvernement italien continuent de susciter des inquiétudes. «Certains acteurs du marché réclamaient une réduction de la notation, ce qui explique pourquoi les investisseurs étrangers ont fait preuve de beaucoup de prudence», explique Christoph Rieger, stratégiste taux chez Commerzbank.
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