Le poids d’Euronext en Bourse sera limité
Euronext devrait être valorisé entre 1,33 et 1,75 milliard d’euros après son introduction en Bourse par ICE d’ici à la fin du mois, selon le prospectus que l’opérateur boursier continental a publié hier. Cette capitalisation boursière fait du groupe un acteur plutôt petit par rapport à ses concurrents européens que sont Deutsche Börse, le London Stock Exchange ou même la Bourse espagnole. Pour convaincre les investisseurs, Euronext assure qu’il va optimiser son modèle déjà bien diversifié.
ICE devrait offrir dans le cadre de la cotation du groupe qui aura lieu le 20 juin, un maximum de 60,15% du capital d’Euronext, soit plus de 42 millions d’actions cédées entre 19 et 25 euros l’unité. L’opération pourrait permettre de lever jusqu’à 1,16 milliard d’euros.
Comme prévu, un groupe d’investisseurs institutionnels s’est engagé à acquérir 33,36% du capital. Ils bénéficieront d’une décote de 4% par rapport au prix de l’IPO. D’autres investisseurs, tels que Total ou KBC se sont engagés à acquérir environ 2% des actions.
La présence d’actionnaires de référence est d’autant plus importante qu’Euronext, qui sera coté sur ses marchés, devrait avoir une capitalisation relativement réduite par rapport à ses concurrents. Ce qui en ferait une proie facile sans ce noyau dur (constitué pour trois ans) et le feu vert nécessaire des régulateurs nationaux. Deutsche Börse pèse 10,8 milliards d’euros, le London Stock Exchange 5,3 milliards de livres, et même la Bourse espagnole (BME), qu’Euronext pourrait être tenté de rallier à son modèle fédéral, vaut près de 3 milliards d’euros.
A moyen et long terme, Euronext vise un taux de croissance annuel moyen du chiffre d’affaires de 5% et une marge d’Ebitda à environ 45%. Pour ce faire, le groupe veut développer son modèle diversifié. Il se targue d'être la deuxième Bourse européenne (derrière le LSE) en matière de capitalisation des sociétés listées et de volumes traités sur les marchés cash. Troisième acteur européen sur les dérivés, loin derrière Deutsche Börse et le Liffe, il compte renforcer sa position dans ce domaine en lançant notamment de nouveaux dérivés actions continentaux. La Bourse compte aussi profiter de la reprise de l’économie européenne, des réformes réglementaires qui favorisent les marchés transparents et du mouvement de désintermédiation financière.
Le groupe dit avoir identifié 60 millions d’euros «d’optimisations opérationnelles potentielles avant impôt» à réaliser dans les trois prochaines années. Un tiers d’entre elles devrait venir de la fin prochaine des contrats signés avec ICE pour assurer la transition technologique définitive du Liffe vers ce dernier. Le groupe compte aussi simplifier le fonctionnement de son outil de négociation UTP pour les dérivés.
«Le projet de développement d’Euronext positionne le groupe comme un acteur européen majeur au service du financement de l’économie réelle», a réagi Paris Europlace. Selon l’association française des investisseurs institutionnels (Af2i), «le maintien de l’indépendance de la plate-forme boursière européenne et un développement de sa stratégie industrielle sont des atouts pour la bonne gestion et la sécurité des actifs des institutions».
Elle s’est associée à la société de gestion Fédéris pour lancer une Sicav professionnelle qui participera à l’IPO d’Euronext. Dix investisseurs français ont décidé de s’y associer.
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