Le pire n’est pas encore certain pour la croissance mondiale
La Banque mondiale a fait assaut de prudence à l’occasion de la mise à jour ce matin de ses prévisions concernant la croissance économique à travers le monde. Sur fond en particulier d’un impact de la crise de la dette souveraine en zone euro, l’institution basée à Washington mise désormais sur une croissance mondiale de 2,5% cette année et de 3,1% en 2013. Soit une dégradation de 1,1 et 0,5 point respectivement par rapport aux dernières estimations publiées en juin dernier (3,6% pour chacun des deux exercices).
«L’Europe semble entrée en récession, et la croissance de plusieurs grands pays émergents (Brésil, Inde et dans une moindre mesure la Russie, l’Afrique du Sud et la Turquie) ralentit» lance la Banque mondiale. Quand bien même la croissance des pays émergents devrait rester plus forte que celle des pays développés, l’institution a revu en baisse sa prévision de croissance des pays en développement à 5,4% en 2012 et 6,0% en 2013, contre respectivement 6,2 et 6,3%. Pour Andrew Burns, responsable des équipes de macroéconomie mondiale à la Banque, ce ralentissement trouve essentiellement sa source dans des mesures domestiques comme la hausse des taux d’intérêt. Des mesures alors souhaitables pour apaiser l’économie de chaque pays. L’estimation de croissance pour la Chine a été maintenue par rapport à une publication en novembre à 8,4% cette année.
En parallèle, alors que la croissance est attendue à 2,2% aux Etats-Unis cette année, soit un abaissement de 0,7 point, la Banque mondiale est plus sévère au sujet du Vieux continent. La zone euro connaîtra ainsi selon elle une contraction économique de 0,3% cette année, en contraste saisissant avec une précédente estimation d’une croissance de 1,8%.
Encore ce scénario pourrait-il s’avérer ambitieux, de l’aveu même de la Banque mondiale, qui évoque l’hypothèse d’une «situation plus terne encore». Car «le ralentissement en Europe et l’affaiblissement de la croissance dans les pays émergents accroît le risque de voir ces deux phénomènes se renforcer l’un l’autre». Dès lors, l’institution n’hésite pas à qualifier de «très incertaine» la réalisation de ses propres prévisions. Face à la menace d’une mutation de la crise européenne en phénomène financier mondial, «en dépit des mesures importantes qui ont déjà été prises», la Banque implore les marchés émergents à «se préparer au pire».
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