Le pétrole remonte avec l’optimisme ambiant
A 68 dollars sur le baril de Brent et près de 62 dollars sur le WTI, les futures sur le pétrole ont approché vendredi leur plus haut depuis mi-septembre et des niveaux seulement dépassés au mois d’avril en 2019, juste avant que le président américain Donald Trump ne relance la guerre commerciale. Avec le récent regain d’optimisme lié à l’accord commercial que Washington et Pékin doivent signer début janvier, le ministre russe de l’énergie, Alexandre Novak, a estimé vendredi que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés comme la Russie (Opep+) devraient bientôt mettre fin à leurs réductions de production. Celles-ci sont destinées à soutenir les cours depuis 2017 face à l’essor de la production américaine.
Les membres de l’Opep+ se sont mis d’accord le 6 décembre sur une nouvelle baisse de la production de 500.000 barils par jour (de -1,2 à -1,7 million de barils, mbj) pour le premier trimestre 2020, avant de décider de la suite à donner lors de leur réunion du 6 mars. En 2019, ce sont bien les annonces sur la guerre commerciale et sur la croissance mondiale qui ont guidé les prix, loin devant les tensions au Moyen-Orient à l’impact presque anecdotique, même le 14 septembrelors des explosions d’installations saoudiennes d’Aramco qui produisent 5% de la production mondiale.
Pour 2020, les cours continueront à monter si la croissance mondiale n’est pas affectée, avec deux facteurs pour renforcer cette hausse. «Concernant la demande, l’entrée en vigueur des nouvelles normes environnementales maritimes (IMO 2020) amène à diminuer le besoin de pétrole très souffré et à augmenter le besoin de pétrole distillé comme le diesel, avec un besoin global accru de peut-être 5% à 7%, même si nous avons du mal à le chiffrer», explique Benjamin Louvet, gérant matières premières chez Ofi AM.
Tassement probable de la production américaine
Concernant l’offre, «les producteurs de pétrole de schiste, dont les stocks abondants ont souvent été un sujet en 2019, commencent à connaître des difficultés pour se refinancer», poursuit Benjamin Louvet. Au point que la production américaine pourrait ne progresser que de 440.000 barils par jour en 2020, et plus du tout en 2021 selon IHS Markit. Ce qui devrait ajouter un peu de pression à la hausse sur les prix, sachant que la croissance économique, donc la demande, restera le principal vecteur l’an prochain. A moyen terme, le gérant pense voir remonter les cours autour de 100 dollars, malgré les contraintes environnementales, du fait du manque d’investissement dans le pétrole conventionnel ces dernières années.
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