Le patron d’UBS joue son avenir à Singapour après la fraude massive
Le directeur général d’UBS, Oswald Grübel, joue probablement son avenir à l’occasion de la réunion du conseil d’administration de la banque qui se tient depuis hier et jusqu'à vendredi à Singapour, pays d’origine du fonds souverain GIC, principal actionnaire du groupe bancaire à hauteur de 6,4%. Lundi, celui-ci avait ouvertement fait part de sa déception à propos des défaillances de la banque lors de la fraude ayant provoqué une perte de 2,3 milliards de dollars. Et avait sommé la direction d’UBS de prendre les mesures nécessaires pour restaurer la confiance.
Au cours de cette réunion, qui devait aborder de possibles changements stratégiques de la banque de financement et d’investissement (BFI) du groupe, les membres du conseil, selon des sources, reviendront sur la fraude et réfléchiront à des changements à la direction, et notamment à l’avenir d’Oswald Grübel. Celui-ci a indiqué dimanche qu’il ne comptait pas démissionner et a dit hier à Reuters qu’il bénéficiait toujours du soutien du conseil d’administration. Or, l’hebdomadaire suisse Bilan, citant des sources proches du conseil, rapporte l’inverse et ajoute que la recherche d’un successeur est en cours et qu’il a été demandé à Oswald Grübel de démissionner. Ce dernier demandera un vote de confiance au conseil d’administration afin de pouvoir mener à bien le plan de restructuration de la BFI qui, selon des sources, sera accéléré en conséquence de la fraude.
Le conseil pourrait prendre sa décision sur son sort dès cette semaine ou attendre l’issue de l’enquête interne d’UBS sur la fraude. Si aucun accord n’est trouvé sur la stratégie d’UBS avant la journée investisseurs du 17 novembre, Oswald Grübel se retirera, selon le Tages-Anzeiger. Des analystes évoquent déjà comme potentiel successeur Sergio Ermotti, transfuge d’UniCredit, arrivé chez UBS en avril pour prendre la tête des opérations en Europe, Afrique et Moyen-Orient.
Si Oswald Grübel peut encore miser sur le fait d’avoir redressé les comptes de la banque, les équipes de direction de la BFI, théâtre de la fraude, risquent gros. Et notamment Carsten Kengeter, aux commandes de la division depuis novembre 2010, que d’aucuns voyaient pourtant comme le futur successeur d’Oswald Grübel. Certains analystes se demandent aussi si l’affaire ne va pas accélérer l’arrivée, prévue pour 2013, de l’ancien président de la Bundesbank Axel Weber à la présidence d’UBS en remplacement de Kaspar Villiger.
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