Le monde du «corporate venture» veut amender les projets du gouvernement
La mesure gouvernementale pour soutenir le corporate venture (investissement direct ou indirect d’entreprises dans des PME innovantes), prévue dans l’article 8 du projet de loi de Finances rectificative, a été saluée par l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic). Toutefois, les professionnels regrettent unanimement l’une de ses dispositions: pour que les sociétés puissent bénéficier de l’amortissement des sommes qu’elles consacrent au corporate venture, leur part dans un véhicule d’investissement doit être limitée à 20% de ce dernier.
Concrètement, cela signifie que le fonds devra compter au moins cinq souscripteurs pour être éligible aux avantages fiscaux. Cette mesure complète l’interdiction de détenir directement ou indirectement plus de 20% d’une PME innovante pour bénéficier de l’amortissement.
Interrogé par L’Agefi, Louis Godron, président de l’Afic, admet que «la limite de 20% d’une participation dans une entreprise est cohérente, puisque l’objectif de la loi n’est pas de subventionner les acquisitions, ni les prises de contrôle». Mais il estime en revanche que limiter la part d’un souscripteur dans un fonds n’est pas réaliste à la vue des nécessités du métier. «Le principe du corporate venture est d’établir une relation forte entre l’entreprise qui investit, l’équipe de capital-risque intermédiaire et les PME. Une telle organisation fonctionne bien jusqu’à trois investisseurs corporates. Rarement au-delà», souligne Louis Godron. De nombreux professionnels du métier, réunis hier à l’occasion d’une conférence organisée par PME Finance sur ce thème, ont également soulevé le risque de créer «une usine à gaz» en cas d’investisseurs trop nombreux.
Alors que la commission des finances de l’Assemblée nationale a démarré hier l’examen du texte, aucun amendement n’a été déposé sur cette mesure. L’Afic s’évertue à y remédier. En contact avec plusieurs députés, l’association entend pousser le dépôt d’amendements à l’occasion du passage du projet de loi en première lecture la semaine prochaine.
D’autres amendements chercheraient à assouplir le dispositif. La valeur des titres détenus par l’entreprise qui investit et susceptible d'être amortie est actuellement limitée à 1% du total de l’actif. «C’est extrêmement faible, témoignait hier Denis Lucquin, associé gérant de Sofinnova Partners, au cours de la conférence de PME Finance. Une limite de 3 ou 4% serait plus adaptée».
Plus d'articles du même thème
-
Le marché de l’immobilier de bureaux francilien reste très ralenti
Le manque de grandes transactions continue de pénaliser le marché locatif en Ile-de-France. A l’inverse du marché de l’investissement, où elles masquent le ralentissement. -
Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
Les groupes mutualistes, BPCE, le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel, réalisent l’immense majorité de leurs revenus dans l’Hexagone. Les banques non mutualistes, BNP Paribas et la Société Générale, sont moins exposées mais la France demeure de loin leur premier marché alors que la situation du pays inquiète avec un taux souverain à dix ans qui vient de passer les 5%. -
Cervinvest Capital rejoint le tour de table de CXG
L’opération vise à soutenir la croissance organique et externe de cette entreprise spécialisée dans le conseil aux marques de luxe.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- La retraite par capitalisation cherche sa forme avant la présidentielle
Contenu de nos partenaires
-
Renseignement, surveillance et sanctions : le rapport du Sénat sur le maintien de l’ordre percuté par les violences du 17 octobre
La commission des lois du Sénat dévoile trente propositions pour faire évoluer une doctrine de maintien de l’ordre dont les limites ont été mises en évidence par les récentes violences urbaines. -
Corse : la droite sénatoriale douche les espoirs des autonomistes, sans les enterrer
La commission des lois de la chambre haute a émis ses réserves, mercredi, sur plusieurs points du projet d’autonomie. Si le Sénat est enclin à adopter un texte, celui-ci pourrait ne pas satisfaire les élus corses -
Retailleau-Lisnard: quand resurgit le débat sur la primaire
Désormais au coude à coude dans les sondages, le candidat LR, Bruno Retailleau, et celui de Nouvelle énergie, David Lisnard, ont déjeuné ensemble mercredi à l'initiative de Robert Ménard. Au menu : la primaire