Le marché physique des métaux sous l’œil des autorités britanniques

Une commission parlementaire a saisi l’Office of Fair Trading sur des soupçons de comportement anticoncurrentiel d’acteurs dominants du LME
Stéphanie Salti, à Londres

Le marché physique des métaux industriels fait encore parler de lui. Hier, une commission parlementaire britannique a annoncé qu’elle avait porté à l’attention des autorités de la concurrence - l’Office of Fair Trading (OFT) - des anomalies constatées sur les activités de trading physique d’acteurs dominants du LME (London Metal Exchange). Dans un chapitre consacré à la domination du marché, la commission parlementaire a souligné qu’elle «se montrerait préoccupée si un acteur sapait le fonctionnement efficace du marché».

«Nous voulons nous assurer que le marché fonctionne de manière satisfaisante» a-t-elle rajouté dans le rapport. La commission parlementaire a déclaré avoir été alertée par le MMTA (Minor Metals Trade Association) une association dédiée aux métaux mineurs, qui a signalé qu’une société, agissant par l’intermédiaire d’une filiale, pouvait avoir des comportements anti-concurrentiels. La commission parlementaire a indiqué dans son rapport que quatre gros courtiers présents sur le LME possèdent des entrepôts, en citant nommément JPMorgan et sa filiale, les entrepôts Henry Bath. Le rapport est également allé plus loin en rappelant les rumeurs de marché qui rapportaient que la banque américaine détenait à un moment 50% des stocks de métal sur le LME. En décembre dernier, la bourse des métaux avait observé qu’un seul acteur détenait entre 50 et 80% des certificats de cuivre, faisant naître de gros soupçons sur JPMorgan.

«Ces sociétés font partie des principaux membres de la corbeille du LME et elles possèdent aussi des entrepôts. C’est restrictif, ajoute le rapport. Nous serions inquiets si la détention d’entrepôts par un courtier dominant sur le LME était anti-concurrentielle». Les autres acteurs dominants du LME, que le rapport ne cite pas, sont la banque américaine Goldman Sachs, qui possède Metro, tandis que Trafigura contrôle NEMS, et que Glencore, qui vient de s’introduire sur le LSE, détient Pacorini.

Selon le marché londonien des métaux, les allégations de la commission parlementaire sont non seulement «injustifiées mais également complètement hors de contexte». De leur côté, JP Morgan, tout comme Goldman Sachs n’ont pas souhaité commenter les allégations du rapport parlementaire.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...