Le marché obligataire en euro réalise une semaine record
Avec 100 milliards d’euros émis cette semaine, le marché obligataire en euro réalise son meilleur début d’année. Les organismes publics, les banques et les entreprises se ruent sur le marché pour émettre de la dette alors que les taux d’intérêts pourraient continuer d’augmenter au cours des prochains mois. L’arrêt prématuré des opérations en fin d’année dernière, en raison de la volatilité provoquée par les inquiétudes autour du variant Omicron, ont également reporté des transactions à ce début d’année. Le marché établit un record hebdomadaire. Le précédent ayant été réalisé début 2020 avant le début de la crise pandémique.
Les émetteurs publics ont été les plus actifs. Après l’Italie et la Slovénie la semaine passée, l’Espagne, le Portugal, Chypre et l’Irlande ont émis de nouveaux emprunts en syndication cette semaine. Jeudi, l’Irlande a placé un emprunt de 3,5 milliards d’euros à 10 ans. Ces émissions sont largement sursouscrites avec 27 milliards d’euros de demandes pour cette dernière transaction. L’Espagne a émis 10 milliards également à 10 ans avec 63 milliards de demande.
Outre les Etats, plusieurs émetteurs supra nationaux ont également contribué à ce record d’émissions, dont le Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou la Cades.
Les corporate commencent à affluer
Les financières ont également été très actives en ce début d’année avec pas moins de 20 milliards d’euros placés depuis le début de l’année sur le seul segment senior (contre 18 milliards en 2021 à la même période).
Le segment corporate est moins animé, souligne Juan Valencia, stratégiste chez Société Générale CIB, qui anticipe une accélération des émissions au cours des prochaines semaines. Les spécialistes s’attendent en effet à une année aussi soutenue que 2021, en raison des anticipations de refinancement du fait de la hausse des taux mais aussi de l’activité de fusions-acquisitions.
Même si le début d’année est plus faible pour les émissions d’entreprises, le nombre d’opérations a néanmoins accéléré cette semaine avec notamment les émissions d’Enel, Prosus, E.On, Snam ou HIT de 1 milliard ou plus. Au total une vingtaine de sociétés ont émis près de 15 milliards d’euros. Pour Tim Winstone, gérant chez Janus Henderson Investors, l’émission nette devrait être positive cette année sur le primaire ce qui sera un facteur pénalisant sur le segment investment grade.
Plus d'articles du même thème
-
Les émissions de titrisations SRT battent des records malgré la guerre
Ces opérations de transferts de risque synthétique (SRT) pourraient à nouveau battre des records en 2026. Les statistiques, tout comme les pratiques à risques, restent cependant peu documentées. -
La dette privée devance l'obligataire coté dans les intentions d'allocation des assureurs
Selon une enquête de Marsh menée auprès de 123 assureurs représentant plus de 4.000 milliards de dollars d'actifs, la dette privée devient la première priorité d'allocation des assureurs interrogés, alors que moins d'un tiers d'entre eux s'estime assez équipé pour l'exécuter en interne. -
Les investisseurs scrutent le risque politique français
Le spread entre l’OAT et le Bund a progressé à 80 pb après la décision de justice qui a ouvert la voie à une candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle. Les investisseurs étrangers s’inquiètent. D’autres échéances politiques, comme l'arrivée d'Andy Burnham au pouvoir au Royaume-Uni, animent également les marchés.
ETF à la Une
La Corée du Sud suspend la cotation des ETF à effet de levier
- Les créanciers d’Altice International contre-attaquent
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur du luxe amorce une reprise au deuxième trimestre
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
Contenu de nos partenaires
-
UltimatumMonique Barbut va présenter sa démission à Emmanuel Macron
La ministre de la Transition écologique a annoncé mardi soir, devant plusieurs médias dont l'Opinion, qu'elle présenterait sa démission au chef de l'Etat. En cause : le refus du gouvernement de revenir sur la réintroduction encadrée de l'acétamipride dans la loi agricole -
RemaniementSNCF : Jean Castex impose sa marque en remaniant la direction de SNCF Voyageurs
Le patron du groupe ferroviaire souhaite « impulser une nouvelle dynamique » chez sa filiale. En interne, Jean Castex défend une autre conception de la décentralisation des activités de sa filiale -
Bras de ferGuerre en Ukraine : les anciens contre les modernes
Le départ du ministre de la Défense Mikhaïlo Fedorov, en conflit sur des choix stratégiques avec le commandant en chef des armées Olexandr Syrsky, a provoqué des manifestations d’ampleur