Le marché primaire du crédit sonne la fin de l’année avant l’heure
Le marché primaire corporate euro semble avoir clôturé ses opérations avant l’heure cette année. La semaine passée, une seule émission a pu être bouclée et cette semaine débute très lentement avec l’obligation verte du japonais NTT. «Décembre voit généralement quelques volumes décents au cours des deux premières semaines, mais cette fois, l’activité sera probablement plus faible que la normale en raison de la forte augmentation de l’aversion au risque», note Juan Valencia, stratégiste chez Société Générale CIB. Ces dernières semainesles risques se sont accumulés, rendant frileux les investisseurset poussant les émetteurs à la prudence. Les spreads de crédit se sont écartés sur le segment high yield (HY) mais aussi investment grade (IG), les investisseurs craignant l’impact d’une hausse des taux en raison du ton moins accommodant des banques centrales face à l’inflation.
Le marché primaire avait déjà ralentices dernières semaines pour les émetteurs IG alors que l’activité HY réussissait à se maintenir. Mais l’émergence du variant Omicron et le bond de la volatilité sur le marché ont mis fin à cette dynamique. Certains émetteurs ont même préféré renoncer pour le moment à leurs projets d’émission.
Phoenix Group n’a pu boucler le placement de 300 millions d’euros d’obligations à 5 ans présenté au marché fin novembre. Noté BB+, le groupe allemand de distribution pharmaceutique cherche notamment à financer l’acquisition d’une partie des activité européennes de McKesson. L’émission obligataire devrait être relancée l’an prochain. Les green bonds de NTT ont réussi à être placés lundi, pour 1,3 milliard d’euros en deux tranches, mais après plusieurs semaines de marketing.
Toujours sur le haut rendement, le britannique Morisson attendra pour lancer le financement de son rachat par le fonds CD&R, de 6,4 milliards de livres, dont une partie sur le marché obligataire. «Le net écartement des spreads ces dernières semaines et la volatilité engendrée par le nouveau variant Omicron ne jouaient pas en faveur d’une telle opération», relève un gérant. «La plupart des entreprises IG et de nombreux émetteurs HY et financiers attendront janvier pour tester les marchés», juge Juan Valencia, qui rappelle que 2021 sera la troisième meilleure année d’émissions obligataires jamais enregistrée sur le corporate euro avec 644 milliards de volumes, dont 132 milliards en high yield, un record.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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