Le groupe d’infrastructures télécoms Arqiva et le fabricant de plats préparés Bakkavor ont tous deux repoussé vendredi leur projet de cotation sur le LSE.
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Yves-Marc Le Réour
Outre les effets du Brexit, la place financière londonienne subit aussi ceux de la hausse du taux directeur de la BoE.
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Bloomberg
Le rebond des introductions en Bourse (IPO) sur le London Stock Exchange (LSE) semble compromis. Arqiva, un spécialiste des antennes de télévision, et Bakkavor, un fabricant de plats préparés, ont tous deux renoncé vendredi à finaliser leur projet de cotation sur la Bourse de Londres.
Après avoir exploré la voie d’une cession, Arqiva avait annoncé le 23 octobre une IPO de l’ordre de 1,5 milliard de livres (1,68 milliard d’euros) correspondant au placement d’un quart de son capital, ce qui en aurait fait la plus importante IPO à Londres depuis le début de cette année.
Contrôlé par des fonds d’investissement, Arqiva a justifié son renoncement par «l’incertitude» qui prévaut sur le marché des IPO, ajoutant qu’une telle opération «n’était actuellement pas dans l’intérêt de la société ni dans celui de ses actionnaires» et qu’il la réexaminerait lorsque les conditions de marché s’amélioreront.
Citant «un environnement de marché trop volatil», le groupe islando-britannique Bakkavor s’est lui aussi abstenu en dépit «d’une demande institutionnelle suffisante pour absorber le placement». Il comptait lever au moins 100 millions de livres et utiliser le produit de cette opération pour se désendetter et poursuivre ses investissements.
TMF, un prestataire de services aux entreprises originaire des Pays-Bas, avait déjà abandonné le 27 octobre son projet d’IPO à Londres, en décidant de se vendre au groupe de private equity CVC Capital Partners pour 1,75 milliard de livres. Outre l’impact négatif du Brexit, la place financière londonienne est désormais pénalisée par des turbulences sur le marché des changes suite à la hausse du taux directeur de la Banque d’Angleterre.
D’autres entreprises poursuivent néanmoins leur processus d’IPO dans ce contexte délicat. C’est le cas d’En+, holding de l’homme d’affaires russe Oleg Deripaska, qui prévoit une double cotation à Moscou et à Londres. L’entreprise, présente dans l’aluminium et l’hydroélectricité, a fixé vendredi son prix d’émission à 14 dollars par GPR (certificat d’action), dans le bas de la fourchette de 14 à 17 dollars précédemment annoncée. Elle prévoit de lever 1,5 milliard de dollars (1,3 milliard d’euros), ce qui reflète une valorisation boursière de 8 milliards de dollars. Cabot Credit Management, leader britannique de recouvrement des créances, tentera de lever ce mois-ci environ 195 millions de livres sur le marché boursier londonien.
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