Le marché américain soutient le redémarrage du capital-investissement
Les chiffres bruts semblent encourageants: entre les mois d’avril et juin, le marché du capital-investissement a réalisé son meilleur trimestre depuis la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. Selon les chiffres de Preqin, les 411 opérations annoncées à travers le monde pendant cette période représentent un total de 43,3 milliards de dollars. Un montant en progression de 60% par rapport au trimestre précédent et trois fois plus important qu’il y a un an. Pour mémoire, le point bas du secteur avait été atteint au premier trimestre 2009, avec un faible 11 milliards.
Signe de reprise supplémentaire, la valeur moyenne des transactions est également repartie à la hausse, à 105 millions (contre 76 millions de dollars). Les LBO (leveraged buy-out, acquisition à effet de levier) représentent désormais la majorité absolue du marché: ils pèsent 54% du total des opérations de capital-investissement. De même, les opérations supérieures au milliard de dollars (qui sont de fait des LBO) sont de retour et elles représentent 46% du marché.
C’est le signe que les banques acceptent de nouveau de financer ce type d’opérations, ce qu’elles avaient arrêté de faire pour les opérations supérieures à 100 millions de valeur la majeure partie de l’année 2009. En conséquence, de nombreux fonds en ont profité pour mettre en vente certaines sociétés acquises entre 2005 et 2007, au plus fort du marché.
Cela dit, une analyse plus détaillée relativise le dynamisme observé: la croissance du marché du capital-investissement provient essentiellement de l’Amérique du Nord. Outre-Atlantique, le montant des opérations a plus que doublé d’un trimestre à l’autre en passant de 12,8 milliards à 26,7 milliards de dollars. Il retrouve ainsi quasiment son niveau du deuxième trimestre 2008. Ainsi, sur les dix plus gros LBO montés depuis le début de l’année, neuf ont été réalisées sur des sociétés américaines. A l’image du rachat annoncé hier par Carlyle, pour 3,8 milliards de dollars, du fabricant de compléments alimentaires américain NBTY.
A l’opposé, le capital-investissement européen se montre bien moins vigoureux. Le marché a progressé de moins de 7% entre les premier et deuxième trimestres 2010, à 11 milliards – un montant qui reste quand même inférieur de 1,8 milliard à celui du dernier trimestre de l’année dernière.
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