Le LSE se lance dans la course à l’intégration du post-marché
LCH.Clearnet attire décidément toutes les convoitises. Après les intérêts du Nasdaq et de la société de données financières Markit, le LSE a confirmé vendredi être en discussions préliminaires pour un éventuel rachat de la chambre de compensation qui est détenue à hauteur de 83% par ses clients et 17 % par les opérateurs boursiers. Les rumeurs outre-Manche ont évoqué une prise de participation majoritaire pour un montant d’un milliard d’euros.Un tel rachat ferait beaucoup de sens pour le groupe présidé par Xavier Rollet au vu du contexte de consolidation boursière et de réglementation des marchés de gré à gré.
«Le LSE n’avait pas vraiment réussi à créer un modèle intégré en silo par le passé, explique Jean de Castries, directeur général d’Equinox Consulting. Le groupe a eu des difficultés à intégrer la chambre de compensation de Borsa Italia, CC&G (Cassa di Compensazione e Garanzia) dans son modèle. Un rachat de LCH.Clearnet changerait ainsi la taille de l’opérateur boursier, lui permettrait de dégager des synergies avec CC&G et, grâce à sa filiale SwapClear qui est la référence en matière de compensation des swaps de taux, d’accéder à de nouveaux services. » SwapClear possède 57 membres et un portefeuille de 950.000 transactions d’un notionel de plus de 300.000 milliards de dollars. Compte tenu de sa stratégie de croissance externe, le LSE devrait, aux yeux du consultant, s’intéresser à l’ensemble des activités de LCH.Clearnet, très bien positionnée dans la compensation des actions.
«Après le rejet par les autorités canadiennes de la fusion avec TMX, le LSE réagit au possible conglomérat entre Deutsche Börse / Nyse Euronext et participe à la bataille qui fait rage pour contrôler les dérivés, domaine dans lequel le groupe veut se renforcer», ajoute Pablo Garmon, responsable développement Europe chez TAG. Selon lui, il se pourrait aussi que la stratégie du LSE soit d’empêcher Markit, aidée par Euronext, de s’emparer de LCH.Clearnet.
Les modèles d’intégration de type silo, qu’ont adoptés par exemple Deutsche Börse ou BME, permettent à la même entité de chapeauter et de contrôler verticalement le trading, la compensation, mais également les coûts, rendant ainsi difficile la concurrence. A l’inverse, en juillet 2007, Euronext avait vendu le gros de sa part dans LCH.Clearnet pour 399 millions d’euros pour passer en organisation horizontale.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre