Le LSE prépare le lancement de son activité de dérivés sur Turquoise

L’opérateur boursier devra s’attaquer aux géants du marché européen des dérivés, Liffe et Eurex, qui devraient se rapprocher
Violaine Le Gall
Photo: Bloomberg
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Le London Stock Exchange vient de confirmer son ambition sur le marché des dérivés actions. Le groupe dirigé par Xavier Rolet a annoncé hier la création de Turquoise Derivatives, une plate-forme alternative de trading qui sera dédiée à ces produits. Le service intégrera le marché de dérivés existant déjà au sein du LSE, EDX London, et sera basé sur la technologie SOLA du canadien TMX, utilisée par EDX depuis 2009. «Ce système offrira aux clients un accès ultra-rapide pour le trading de dérivés paneuropéens», souligne Brenda Hoffman, directeur informatique de TMX.

LCH Clearnet jouera le rôle de chambre de compensation de ce nouveau marché. Le LSE va dévoiler le calendrier du lancement de ses produits sur Turquoise Derivatives d’ici fin mars. La plate-forme devrait se concentrer sur les futures et les options sur des titres et sur des indices.

Concrètement, le LSE va reprendre les 19,9% d’EDX détenu par TMX. Puis Turquoise, la plate-forme alternative du LSE, rachètera EDX. La transaction sera finalisée le 1er mai prochain.

En créant cette nouvelle activité, le LSE entend se relancer sur le marché des dérivés actions sur lequel il a pris un retard énorme par rapport à ses concurrents européens. Eurex, le marché de dérivés de Deutsche Börse, et Liffe, celui de Nyse Euronext, dominent largement ce marché et la compensation de ces produits en Europe. Si la fusion de Deutsche Börse et de Nyse Euronext aboutit, le LSE devra donc s’attaquer à un véritable géant. A eux deux, Liffe et Eurex détiennent une part de marché de 94 % sur les futures listés européens. Les deux groupes, avec International Securities Exchange, Nyse Arca et Nyse Amex, contrôlent aussi 42% du marché américain des options. Derrière, viennent Nasdaq OMX avec 27,5% et le CBOE avec 26%.

Le LSE s’apprête aussi à mettre un pied sur le marché nord-américain des dérivés grâce à la reprise envisagée de TMX, annoncée début février. La Bourse de Toronto détient en effet la place de Montréal, premier marché canadien pour les dérivés. Dans le cadre du rapprochement entre les deux opérateurs boursiers, Montréal deviendrait le centre d’expertise pour les dérivés. Mais le poids de ce marché est négligeable par rapport aux géants américains.

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