Le high yield américain accuse sa plus importante décollecte depuis mars
Le regain d’aversion au risque commence à affecter le crédit. Les fonds investis dans le high yield américain ont enregistré au cours de la dernière semaine (données arrêtées au 23 septembre), leur plus importante décollecte depuis mars avec 4,9 milliards de dollars de rachats, selon Barclays sur la base des données d’EPFR. Au plus fort de la crise sur les marchés financiers en février-mars, la classe d’actifs avait accusé plus de 5 milliards de rachats pendant plusieurs semaines, avec un pic de 5,6 milliards mi-mars. A lui seul, le plus important ETF sur la classe d’actifs géré par BlackRock a enregistré près de deux milliards d’euros de sorties en début de semaine, selon le Financial Times.
Les investisseurs, qui ont massivement joué ces derniers mois la classe d’actifs pour bénéficier de son rendement et du soutien de la Fed, se montrent désormais prudents sur ce segment à risque dans un contexte d’incertitude entourant l’évolution sanitaire et économique dans le monde et le scrutin présidentiel américain. Les spreads sur le crédit, notamment high yield, se sont écartés depuis début septembre (un demi-point par rapport au niveau le plus serré, à près de 6%). Sur le marché primaire (dont le montant d’émissions atteint un record à 330 milliards de dollars cette année), Aethon United, une compagnie texane gazière, a dû reporter cette semaine à émettre une obligation high yield, une première depuis juillet.
Mais l’aversion au risque touche les autres segments du marché. Les fonds actions, qui avaient enregistré la semaine passée une importante collecte, ont inversé la tendance avec 22,8 milliards de rachats, le plus important montant hebdomadaire depuis mars, dont 25,8 milliards sur les seules actions américaines. Les fonds monétaires continuent également de décollecter au niveau mondial avec une septième semaine consécutive de rachats à hauteur de 6,9 milliards.
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