Le FMI défend l’efficacité des taux négatifs en zone euro
Cela ne devrait pas faire changer d’avis Mark Carney, fermement opposé à la mise en place de taux négatifs au Royaume-Uni. Mais l’étude de deux économistes du Fonds monétaire international (FMI), Andy Jobst et Huidan Lin, publiée hier semble confirmer les analyses positives de la Banque centrale européenne sur cette politique mise en place en juin 2014. «Les taux d’intérêts négatifs ont jusqu’à présent eu un effet positif sur l’économie, participant à une baisse des coûts de financement bancaire et à une augmentation de la valeur des actifs», jugent les deux auteurs. Concernant la principale critique adressée à la politique défendue par Mario Draghi, ils ajoutent que «les craintes concernant l’effet néfaste sur la profitabilité des banques ne sont pas pour le moment concrétisées».
Croissance modeste du crédit
En premier lieu, en amenant le taux d’intérêt en territoire négatif, la BCE a abaissé le taux d’intérêt réel, «réduisant le coût de l’endettement pour les banques comme pour leurs clients», contribuant ainsi à «une croissance modeste du crédit – favorable à la croissance économique et à l’inflation». Les deux économistes du département européen du FMI notent deux autres bénéfices de l’introduction de taux négatifs: l’efficacité renforcée du recalibrage des portefeuilles d’actifs liés à la recherche de rendements et «l’amélioration de la capacité de signalement de la BCE».
Dans une publication également diffusée hier, Andy Jobst et Huidan Lin expliquent par ailleurs que les banques ont réussi à limiter en partie l’impact des taux d’intérêts négatifs sur leur profitabilité via des réductions de coûts, une augmentation des volumes de prêts et une augmentation des frais fixes et des commissions. Ils observent toutefois «qu’il y a clairement des limites à de telles mesures». De plus, si l’impact sur la marge nette d’intérêt des banques est pour le moment modeste, il «pourrait augmenter de manière non linéaire» si d’autres baisses de taux devaient advenir.
La conclusion des deux auteurs, qui semble partagée par la BCE, est «qu’à l’avenir, la BCE pourrait devoir compter davantage sur les rachats d’actifs», notant par ailleurs que des baisses supplémentaires du taux d’intérêt n’augmenteraient pas forcément l’univers d’actifs éligibles au QE. L’étude pointe néanmoins qu’un système de taux différenciés sur les réserves excessives tel que pratiqué par la BNS «pourrait théoriquement tolérer de plus amples baisses de taux».
Plus d'articles du même thème
-
Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
La présidente de l'autorité monétaire pourrait s'impliquer dans la campagne française, notamment si «une perspective réductrice de l'ancrage français au sein de l'Europe» s'installait dans le débat. -
La Banque Populaire de Chine franchit une étape dans l’internationalisation du renminbi
Pas à pas, la Chine s’insère dans les marchés financiers internationaux. Elle vient ainsi de prendre de nouvelles mesures de politique monétaire qui ouvrent l’usage de sa monnaie et alignent les pratiques de la PBoC sur celles des autres grandes banques centrales. -
L’inflation reste au plancher en Suisse
L’indice des prix s’est stabilisé sur un mois en Suisse en juin, et progresse de seulement 0,5% sur un an, tandis que l’inflation sous-jacente demeure limitée à 0,3%, l’un des niveaux les plus faibles du monde développé.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Présidentielle 2027 : Christine Lagarde envisage de quitter la BCE pour jouer un rôle dans l’élection
Dans un entretien paru le 3 juillet, la présidente de la Banque centrale européenne dit vouloir faire entendre une « voix européenne » dans le débat autour de la prochaine présidentielle française. Sans envisager de candidature à ce stade, Christine Lagarde n’exclut pas de quitter ses fonctions avant la fin de son mandat, prévue en octobre 2027 -
Face à la Chine, l’UE se dit prête à mobiliser tous ses outils de défense commerciale
La Commission européenne maintient le dialogue avec Pékin, mais prévient qu’elle est prête à réagir si les négociations sur les tensions commerciales n’aboutissent pas -
Trump transforme les 250 ans de l'indépendance américaine en grand show politique
Les Etats-Unis célèbrent, ce samedi 4 juillet, les 250 ans de leur indépendance. Mais entre discours de Donald Trump, feu d’artifice géant et organisation parallèle proche du président, cette fête nationale historique prend aussi des airs de meeting grandeur nature pour le président américain