Le FMI anticipe une contraction mondiale de 3% en 2020
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Photo UE-EC.
Le Fonds monétaire international (FMI) a, sans surprise, révisé en forte baisse ses prévisions économiques mondiales pour tenir compte de la chute de l’activité provoquée par la pandémie de coronavirus. «Le ‘Grand Confinement’, comme on pourrait l’appeler, devrait amputer fortement la croissance», indique l’institution de Washington qui prévoit désormais une contraction de l’économie de 3%, au lieu d’une croissance de 3,3% annoncée en janvier dernier avant que la pandémie ne prenne de l’ampleur.
Ces prévisions sont publiées à l’occasion des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, qui se tiennent exceptionnellement à distance.
«Il est très probable que l'économie mondiale connaisse cette année sa pire récession depuis la Grande Dépression, qui dépassera celle observée pendant la crise financière mondiale», résume le FMI. La contraction va toucher en premier lieu les économies les plus avancées, qui sont aussi les plus durement touchées par la pandémie : le PIB des Etats-Unis devrait chuter de 5,9%. La zone euro, elle, subirait une contraction de 7,5% en 2020 avec une chute de 9,1% du PIB en Italie, de 8% en Espagne, de 7% en Allemagne et de 7,2% en France. Le gouvernement français a annoncé ce matin tabler sur une contraction de 8% en 2020.
La Chine devrait rester en croissance, mais de 1,2% seulement contre 6% attendu en janvier. L’institution table aussi sur une poursuite de la croissance en Inde mais s’attend à une contraction de 5,2% en Amérique latine.
Le Fonds ajoute tabler sur un rebond de 5,8% en 2021 mais prévient que ses prévisions sont marquées par «une extrême incertitude» et que la réalité pourrait être bien plus sombre si l'évolution de la pandémie ne correspond pas aux projections actuelles. Les nouvelles prévisions s’appuient sur l’hypothèse d’un pic de la pandémie au deuxième trimestre dans la plupart des pays et d’un reflux au second semestre permettant progressivement une levée des mesures de confinement et une reprise de l’activité économique. Mais une prolongation de la pandémie au troisième trimestre pourrait se traduire par une contraction de trois points supplémentaires de l'économie mondiale en 2020 et par une reprise plus faible en 2021.
Certains décideurs de la Banque centrale européenne (BCE) s’alarment des risques d’effets de «second tour» via une boucle prix-salaires, après la hausse de l’inflation énergétique liée au conflit en Iran. Les hausses de salaires anticipées au travers du «wage tracker» publié mercredi resteraient pourtant a priori modérées.
Entre les discours plus restrictifs de Kevin Warsh et les tensions en Iran, les marchés ont relevé à près de 40% la probabilité d’une hausse de taux ce mercredi à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed. Une telle hausse surprise, non téléguidée par le président de la banque centrale, serait une première en dehors des périodes de crise.
La première sous-gouverneure a été nommée par intérim, mais les investisseurs scrutent la désignation du successeur de Perry Warjiyo. Elle sera considérée comme un révélateur du niveau d’indépendance à venir de la banque centrale.
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