Le FCDE joue la carte des PME dans la galaxie du FSI

Doté de 200 millions d’euros à sa création, le Fonds a investi 50 millions en un an pour aider au rebond d’entreprises fragilisées par la crise
Olivier Pinaud

Dans la famille des véhicules financiers mis en place par l’Etat pour contrer les effets de la crise, le Fonds de consolidation et de développement des entreprises (FCDE) n’est pas nécessairement le plus connu. Pourtant, ce FCPE créé il y a un peu plus d’un an, notamment sous l’impulsion du médiateur du crédit René Ricol, a été aussi actif que son grand frère le Fonds stratégique d’investissement (FSI) ou que son cousin le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA). Doté à sa création de 200 millions d’euros, 90 millions apportés par le FSI et 110 millions par les principaux banquiers et assureurs de la place, le FCDE a déjà réalisé neuf investissements auxquels viendrait s’ajouter la prochaine entrée au capital de Thomson Video Networks en cours de finalisation.

«La mission du FCDE est de financer le rebond et le développement de PME à fort potentiel. Mais notre rôle ne se limite pas à un apport de fonds propres, il a aussi un effet d’entraînement sur l’octroi de nouveaux crédits, et permet le cas échéant de restructurer la dette existante», explique Benoît Sellam, le président du directoire du FCDE.

L’an dernier, 50 millions d’euros ont été investis, avec un ticket moyen de 5 millions, au capital d’entreprises fragilisées par la crise mais dont «le modèle a fait ses preuves et qui affichent de réelles perspectives de croissance». Le FCDE est intervenu par exemple au capital de Le Bélier (pièces automobiles), Marchal Technologies (logistique) ou Trailor (véhicules de transport), toujours en tant qu’actionnaire minoritaire, aux côtés du management ou de fonds d’investissement, comme avec Perceva Capital dans le cas de Trailor.

Avec un horizon d’investissement de 5 à 7 ans, le FCDE n’a pas encore évoqué les portes de sorties possibles. La Bourse pourrait en être une. Le rapprochement avec d’autres entreprises en est une autre. «Nous pensons que le tissu de PME françaises, du fait de la taille des entreprises (petites par rapport à l’exemple allemand), du niveau de croissance macroéconomique modéré, et d’un déficit structurel de fonds propres, va connaître une phase de consolidation inévitable. En entrant à leur capital, le FCDE souhaite participer à ce mouvement indispensable à l’industrie», indique Benoît Sellam. Avec en toile de fond l’idée de créer des pôles industriels régionaux de référence.

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