Le deuxième trimestre est un bon cru pour les LBO européens
Comme l’attestent les nombreuses opérations ayant eu lieu dernièrement en France, les LBO (acquisitions à effet de levier) en Europe ont largement soutenu l’activité des fonds de capital-investissement au deuxième trimestre. Selon le baromètre trimestriel réalisé par Unquote et SL Capital Partners, 126 transactions ont été enregistrées, soit le nombre le plus important en dix trimestres –contre 110 opérations au premier trimestre et 109 un an plus tôt. Leur montant cumulé est également en forte augmentation par rapport au début de l’année: 21,3 contre 14 milliards d’euros. Mais il reste inférieur au montant observé au deuxième trimestre 2013, qui, avec 25,5 milliards d’euros, demeure le trimestre le plus dynamique depuis trois ans.
A l’opposé, le segment du capital-développement (prises de participations minoritaires, le plus souvent sans recours à la dette) s’est effondré au fil de l’année, avec 3,36 milliards d’euros de transactions au premier trimestre et seulement 1,46 milliard au deuxième. La chute est moins sévère en nombre de transactions, qui passent de 188 à 155, mais ce chiffre est le plus faible depuis ces 4 années et demi.
Selon Unquote, l’une des explications vient du dynamisme des LBO. Selon la méthode du baromètre, les opérations de capital-développement incluent les réinvestissements de fonds de LBO dans des sociétés de leur portefeuille. Les opérations de ce type s’étaient multipliées dans les premiers temps de l’après-crise financière, face à la difficulté de lever des fonds, à la frilosité des banques et au manque de visibilité macroéconomique. En l’absence d’opportunités, les firmes de LBO ont préféré se consacrer à leurs entreprises, notamment à travers d’acquisitions ou d’investissements.
Mais avec le redécollage des Etats-Unis, les quelques signes positifs venus de certains pays européens –au moins jusqu’à présent– et surtout grâce à l’appétit renouvelé des prêteurs, les équipes sont reparties en quête de cibles. L’argent à nouveau disponible pour les LBO ne l’était plus pour des opérations de capital-développement.
Le redressement des acquisitions s’est concentré sur les opérations inférieures au milliard d’euros. Elles ont à elles seules progressé de plus de 6 milliards d’euros, pour atteindre 12 milliards. A noter, les cinq LBO supérieurs au milliard d’euros ont tous été réalisés en Allemagne ou en France.
Plus d'articles du même thème
-
La victoire de Lula fait vaciller les marchés brésiliens
Le président brésilien sortant a battu Flavio Bolsonaro à la surprise générale avec 51,8% des suffrages. Les investisseurs avaient parié sur la victoire du fils de l’ancien président, plus pro-marché. Le real chute de 9% face au dollar et la Bourse de 14%. -
Les entreprises payent plus cher leurs émissions obligataires
Les transactions ont repris la semaine passée sur le marché primaire euro. La demande est là mais exige d'être rémunérée pour un niveau de risque jugé plus élevé. -
Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Le géant américain de la technologie veut continuer à réduire ses effectifs. Il propose un plan de départ volontaire à plus d'un quart de ses salariés. Seuls les Etats-Unis, le Canada, l'Inde et le Royaume-Uni sont concernés.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose