Le courtier Global Investment Services disparaît de la carte
Les temps sont durs pour les acteurs indépendants de l’intermédiation financière. Dernier exemple de difficulté, la société financière Global Investment Services (GIS), qui possède notamment le courtier Global Equities, a été placée jeudi dernier en liquidation judiciaire sans poursuite d’activité par le tribunal de commerce de Paris. Coté sur Alternext, son titre sera radié à l’issue de la procédure. GIS avait été déclaré en cessation de paiement le 25 juillet, procédure qui suivait la désignation par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) d’un administrateur provisoire le 2 juin.
Les causes du mal sont explicites et attestent de la difficulté des acteurs indépendants du courtage de survivre face aux grandes filiales bancaires, qui seules ont les structures capables d’amortir des coûts fixes croissants induits par une réglementation de plus en plus exigeante. Dans son communiqué annonçant sa décision de se déclarer en cessation de paiement, GIS se disait dans l’incapacité de «mettre en œuvre un plan de poursuite de l’activité qui lui permettrait de respecter la réglementation en vigueur s’appliquant aux entreprises d’investissement».
S’il ne les nomme pas, il met notamment en cause les directives européennes successives sur le marché d’instruments financiers (Mif et le projet Mif 2), ainsi que les projets d’encadrement des commissions de courtage. Ce contexte, couplé aux conséquences de la crise financière, a favorisé la chute des commissions, provoquant une concurrence acharnée et une course à la taille –lesquelles ont alimenté à leur tour la pression baissière sur les revenus des courtiers. La persistance d’une situation macroéconomique incertaine constitue un facteur aggravant pour les sociétés n’ayant pas les reins suffisamment solides.
Ces derniers temps, GIS souffrait d’une forte chute de son activité. En 2013, les commissions encaissées avaient plongé de plus de 35%, pour tomber à 18,3 millions d’euros. La société a perdu 33,6 millions d’euros, entamant sa solvabilité. Ses capitaux propres consolidés sont ainsi passés de 54 à 22,2 millions d’euros en l’espace d’un an.
La vente de ses participations dans la société d’investissement grecque cotée Aeolian Investment Fund et dans Deauville Diamond Properties –GIS était également présent dans l’immobilier– n’aura pas suffit à sauver la société.
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