Le Comité de Bâle fait payer le risque des chambres de compensation
Traiter avec une chambre de compensation (CCP) coûtera des fonds propres aux banques dès le 1er janvier 2013. Il y a un an, le Comité de Bâle s’était déjà penché sur la question en proposant de nouvelles règles prudentielles alors qu’un nombre croissant de produits dérivés ont vocation à être compensés par des contreparties centrales (L’Agefi Quotidien du 21décembre 2010). Le régulateur a lancé hier une deuxième consultation qui tient compte des réponses reçues à ses premières propositions. Les parties prenantes ont jusqu’au 25 novembre pour faire part de leurs commentaires.
Les grands principes restent les mêmes. Une banque est exposée à une CCP de deux manières: au titre des transactions qui y transitent (appels de marge, collatéral déposé auprès de la chambre), et au titre du fonds commun ou default fund, abondé par chaque membre de la chambre, qui permet de mutualiser le coût du défaut d’un intervenant. Un sujet d’actualité avec la faillite du courtier américain MF Global. Hier, Eurex Clearing, la chambre de compensation de Deutsche Börse, a précisé que les positions du courtier avaient été liquidées sans coûter un sou aux autres membres, car elles étaient couvertes par le collatéral que MF Global avait apporté en garantie.
L’exposition des banques au titre de leurs transactions sera désormais pondérée à 2% des encours pour le calcul de leurs fonds propres réglementaires, contre 0% aujourd’hui. Appelées à jouer un rôle grandissant sur les marchés, «les CCP présentent un risque systémique qui naîtrait de leur propre faillite potentielle», explique le Comité de Bâle. La pondération à 2% est censée refléter la réalité de ce risque, jugé cependant «très faible». Les banques qui, à l’image de la Fédération bancaire française, avaient réclamé une pondération inférieure, n’ont donc pas obtenu gain de cause.
Les contributions des banques au default fund feront elles aussi l’objet d’une pondération en risque, suivant une formule de calcul complexe que le Comité de Bâle a accepté d’amender.
Ces deux règles s’appliqueront aux CCP «qualifiées» qui respectent les principes de sécurité édictés par les superviseurs de marché, CPSS-Iosco. Pour celles qui n’entreraient pas dans ce cadre, les pondérations en risque seraient bien supérieures. En pratique, le Comité de Bâle s’attend à ce que toutes les grandes chambres de compensation entrent dans la première catégorie.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre -
Etats-Unis : Pete Hegseth dans l’œil du cyclone après la déroute républicaine aux midterms
Artisan de la guerre en Iran, qui a lourdement pesé dans la déroute républicaine aux élections de mi-mandat, Pete Hegseth pourrait faire l’objet d’un vote de mise en accusation dès la semaine prochaine. Donald Trump assure vouloir conserver son chef du Pentagone, mais s’interrogerait en coulisses sur l’opportunité de le remplacer