Le Comité de Bâle affine ses règles sur la titrisation
Le Comité de Bâle vient de publier une nouvelle version de ses règles sur la titrisation. L’institution, qui regroupe les banques centrales et les superviseurs bancaires, propose des charges en capital spécifiques et plus faibles pour les titrisations considérées comme «simples, transparentes et comparables» (STC).
Les nouvelles règles amendent celles adoptées à la fin de l’année 2014 qui tiraient les leçons de la crise en augmentant significativement les charges en capital des banques exposées aux titrisations. Elles intègrent les derniers travaux du Comité qui, soucieux, avec les régulateurs financiers internationaux, d’encourager le développement d’un marché de titres relativement faciles à appréhender pour les investisseurs, a établi des critères d’identification des titrisations STC l’année dernière dans une consultation.
Dans son document publié hier, le Comité de Bâle commence par préciser ces critères. Ainsi, la performance historique minimum est plus explicite, les titrisations ne peuvent pas être considérées comme STC si les actifs sous-jacents présentent un certain niveau de risque et les exigences de granularité» du portefeuille sont renforcées. Le Comité de Bâle affirme par ailleurs avoir revu à la baisse les charges en capital des STC par rapport à l’an dernier. Leur pondération en risque pour des tranches seniors passe ainsi de 15% à 10%.
Le Comité de Bâle a enfin décidé de revenir sur la méthode d’identification des titrisations STC. L’année dernière, il suggérait que les originateurs attestent qu’une émission est bien «STC» et que les investisseurs mènent aussi leur propre analyse. Finalement, le Comité estime que ce sera seulement à l’investisseur de vérifier qu’une opération remplit les critères. Les originateurs seront simplement priés de présenter les informations nécessaires.
Le nouveau cadre prudentiel doit entrer en vigueur en 2018. Les juridictions pourront cependant choisir de ne pas appliquer le modèle relatif aux titrisations STC. Reste à savoir comment ces propositions vont s’articuler avec celles de la Commission européenne, différentes même si elles vont dans le même sens. L’année dernière, Bruxelles a proposé d’alléger les charges en capital pour les titrisations «simples, transparentes et standardisées». Approuvé par les représentants des Etats, ce plan doit toujours recevoir l’aval du Parlement européen.
Plus d'articles du même thème
-
Les perspectives continuent de se dégrader pour les titrisations de prêts automobiles européens
Les taux de perte annualisés atteindront cette année leur plus haut depuis la pandémie, selon un rapport de Fitch. Le marché est par ailleurs toujours fragilisé par le scandale des «commissions cachées» au Royaume-Uni. -
Arizona State Retirement System confie un mandat de 600 millions de dollars en SRT
Le fonds de pension américain a choisi de renouveler sa confiance à un gérant français pour cette stratégie de transfert de risque significatif. -
Les assureurs recherchent davantage de titrisations SRT
De nombreux assureurs montrent de plus en plus d’appétit pour les opérations de titrisation avec transfert de risque significatif (SRT), en proposant aux banques davantage de structures sans transfert préalable des fonds destinés à couvrir la garantie («unfunded»). Une pratique potentiellement plus risquée en cas de tensions systémiques.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
Contenu de nos partenaires
-
Tribune librePour faire circuler le patrimoine, cessons de pénaliser les donations en pleine propriété
« Nous proposons que les donations en pleine propriété soient taxées au même taux que les donations en nue-propriété. Autrement dit, nous proposons de défiscaliser totalement la renonciation à un usufruit » -
Retour du refouléJean-Luc Mélenchon, le grand vainqueur du premier débat de la primaire du PS
« Soumission à LFI » contre « obsession anti-LFI » : sur LCI, mercredi, la question des alliances aux législatives a partagé les candidats à la primaire en deux camps. La controverse autour du mot « génocide » pour qualifier la guerre à Gaza a montré combien l’extrême gauche parvient à imposer les termes du débat. Il reste encore du chemin à faire pour qu’une gauche sociale-démocrate, qui a pris l’habitude de se définir comme « non-mélenchoniste », retrouve une identité propre, au-delà de ses lubies fiscales. -
Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe à égalité au premier tour de la présidentielle, selon un sondage
L’insoumis et l’ex-Premier ministre sont au coude-à-coude derrière Marine Le Pen, grande favorite du premier tour. Gabriel Attal, lui, fait moins bien que Raphaël Glucksmann, selon une enquête d'opinion Cluster 17 pour Politico