Le cas Dexia divise Moody’s et S&P
Alors que S&P a confirmé jeudi la note de long et court terme A/A-1 des trois principales entités opérationnelles de Dexia, Moody’s a répliqué vendredi en abaissant de deux crans la note de long terme de ces trois entités (Dexia Bank Belgium, Dexia Crédit Local et Dexia BIL), qui passe ainsi de A1 à A3. Moody’s a toutefois confirmé la note de court terme à Prime-1, une satisfaction pour Dexia dont le besoin de financement de court terme s’élève à plus de 100 milliards d’euros.
«La dégradation de la note de long terme est à relativiser car le groupe a réalisé au 30 juin 100% de son financement de long terme pour l’année», indique un proche de la banque.
Moody’s continue de nourrir des craintes quant au montant élevé du financement à court terme dont dépend Dexia, qui rend la banque vulnérable à des conditions de marché difficiles et à une éventuelle contraction du crédit.
Les deux agences divergent sur l’effet des portefeuilles obligataires hérités de la crise que Dexia porte à son bilan. Moody’s s’inquiète des réserves négatives liées aux actifs disponibles à la vente (réserves AFS), des moins-values latentes qui pourraient être réalisées en cas de poursuite des cessions de ces actifs. Or, à fin 2011, ces réserves AFS représenteraient encore 50% du capital tier one du groupe. S&P rappelle de son côté que Dexia provisionnera 3,6 milliards d’euros au deuxième trimestre afin d’accélérer son programme de cessions d’actifs risqués et qu’au regard du rythme de cession des cinq premiers mois de 2011, le groupe ramenera à moins de 80 milliards d’euros son besoin de financement à court terme d’ici à la fin de l’année.
Enfin, Moody’s évoque, dans une moindre mesure, le fait que la réduction de ses activités de financement des collectivités locales puisse affecter sa position encore forte sur ce marché.
En revanche, les deux agences se rejoignent sur le fait qu’en cas de détérioration de la situation grecque et d’une contagion à d’autres pays de la zone, Dexia, en plus des pertes occasionnées, aura probablement des difficultés de financement et d’accès au marché. S&P indique toutefois que l’actuelle exposition de 4,3 milliards d’euros de Dexia à la dette grecque est certes importante par rapport à ses résultats mais reste absorbable du fait d’un ratio de capital élevé.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre