Le capital-risque a retrouvé des couleurs en France

Selon l’indicateur Chausson Finance, les investissements ont progressé après deux ans de baisse. Le marché allemand intéresse également les fonds
Antoine Landrot

La tendance amorcée au premier semestre dans le capital-risque (ou venture) en France s’est confirmée dans la seconde moitié de l’année, selon le dernier indicateur de Chausson Finance. Les 490 millions d’euros investis au deuxième semestre ont porté le total des capitaux injectés en 2013 à 911 millions, soit une progression de 16%. Le déclin de deux années consécutives a donc été enrayé.

L’arrivée sur le marché de FCPR importants (Partech International VI, Ventech Capital F, Alven Capital, 360° Capital Partners, etc.), qui avait soutenu la croissance début 2013, a continué à jouer le reste de l’année. «On observe également une présence plus importante de family offices, qui souhaitent investir dans la classe d’actif du private equity, dans les secteurs dynamiques où se crée la richesse, mais aussi parce qu’ils sont trop exposés à l’immobilier ou aux actions. En outre, de plus en plus d’entrepreneurs et de dirigeants veulent rester proches du terrain», ajoute Sabine Fillias, directrice générale de Chausson Finance, qui cite les acteurs comme Cap Horn Invest ou Isai. Elle souligne également l’importance de l’arrivée en France de Schibsted Growth, dont l’objectif est de créer un écosystème dans le CtoC. Détenteur de Leboncoin.fr, il a investi en novembre dernier 10 millions dans Prêt d’Union.

L’autre enseignement est la confirmation de Bpifrance comme un acteur incontournable du venture français. En 2013, il a investi 89 millions d’euros, soit deux fois plus que le deuxième gérant le plus actif, Sofinnova Partners (avec 41,4 millions). Il renforce la domination du «late venture», c’est-à-dire des jeunes sociétés ayant une certaine maturité (investissements de deuxième tour et au-delà).

Une tendance qui met en évidence la faiblesse de l’amorçage, l’éternel parent pauvre soutenu à bout de bras par le Fonds national d’amorçage (FNA). Sabine Fillias note toutefois qu’un nombre croissant de sociétés de gestion se sont fait agréer afin de bénéficier des placements du FNA, comme Elaia Partners et CapDécisif Management. Signe d’espoir peut-être d’un regain d’intérêt pour cette activité.

Enfin, de plus en plus de sociétés de gestion françaises se tournent vers l’Allemagne depuis 2012, en recrutant un professionnel pour ce marché ou en y ouvrant un bureau (XAnge, Seventure, Partech…). «Il existe en Allemagne de belles start-up, mais le pays souffre d’une pénurie d’investisseurs professionnels», explique Sabine Fillias.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...