Le capital-investissement cherche des thèmes en période de crise
Alors que les difficultés financières s’amoncellent sur les grandes sociétés de capital-investissement, ces dernières doivent revoir leurs stratégies dans la levée et la gestion de leurs véhicules. L’activité de LBO est particulièrement touchée. Certains fonds subissent la pression de leurs investisseurs, soucieux de récupérer du capital, soit pour renflouer d’autres activités, soit pour le réallouer vers d’autres classes d’actifs, comme l’a montré l’exemple de Permira en décembre dernier.
D’autres ont décidé d’eux-mêmes de retourner une partie des commitments de leurs clients – anticipant les possibles revendications de certains d’entre eux et considérant le potentiel d’investissement de toute façon limité vu l’état du marché, comme Candover pour son fonds 2008. En ce moment, Goldman Sachs négocie avec ses investisseurs la réaffectation de 4,5 milliards de dollars de son fonds de LBO vers le rachat de dettes décotées ou de sociétés en difficulté.
Ceci confirme la vogue du retournement, vu l’état de l’économie. Les fonds de LBO sont bien placés pour le savoir, eux qui ont organisé des montages financiers souvent insupportables pour les entreprises en période de crise. D’ailleurs, Goldman Sachs compte consacrer 1,5 milliard de dollars à des sociétés de son portefeuille…
Mais ne réussit pas qui veut, dans un métier aussi complexe. Natixis Private Equity (NPE) vient d’en faire les frais : la filiale de la banque de gros a annoncé mardi dernier, lors de la publication de ses résultats, la gestion en extinction des investissements réalisés par Providente, structure dédiée aux « entreprises en discontinuité d’exploitation » créée en 2006. « Notre métier ne consiste pas à faire du retournement. Ce segment n’a pas vocation à rester une activité pour compte propre », a justifié Jean Duhau de Berenx, directeur général de NPE. En février dernier, TPG (ex-Texas Pacific Group) avait décidé de rendre 25 % de son véhicule de six milliards destiné aux sociétés financières en difficulté.
En revanche, la diversification se confirme. Le thème des pays émergents est à la mode : Carlyle, un habitué du LBO, vient de clore son premier fonds destiné au Moyen-Orient et à l’Afrique du Nord, pour 500 millions d’euros. Les véhicules consacrés à la Chine, à l’Inde, aux énergies renouvelables ou encore à des secteurs précis se multiplient.
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