Le Brexit rouvre le débat sur la localisation des chambres de compensation
Le vote britannique en faveur d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) relance la polémique sur la localisation des chambres de compensation traitant des opérations en euros. «La City, qui grâce à la présence du Royaume-Uni dans l’UE pouvait faire des opérations de compensation en euros alors même que le Royaume-Uni n’est pas membre de la zone euro, ne pourra plus les faire», a déclaré François Hollande, à l’issue du Conseil européen de mardi. «Pour ne pas vouloir la libre circulation, ils n’auront plus l’accès au marché intérieur», a souligné le président français à propos des Britanniques. La City abrite notamment les chambres de compensation LCH et ICE Clear Europe. Une grande partie des transactions en euros sont donc compensées outre-Manche, hors de la zone monétaire. Avec le Brexit ce sera hors de l’UE. «C’est compliqué d’imaginer un fonctionnement identique aujourd’hui», a déclaré le directeur général de la Société Générale, Frédéric Oudéa, vendredi dernier.
La question de la localisation des chambres de compensation préoccupe de longue date la Banque centrale européenne (BCE). Avant le Brexit, celle-ci souhaitait déjà, pour un meilleur contrôle des risques systémiques, que ces infrastructures cruciales à la sécurité des marchés soient localisées dans la zone euro. Elle avait recommandé qu’il en soit ainsi dans un texte publié en 2011, qui n’avait pas été suivi d’effet. Cette prise de position, baptisée cadre de surveillance de l’Eurosystème, avait été attaquée par la Grande-Bretagne devant le Tribunal de l’Union européenne. Celui-ci avait annulé le cadre de surveillance en 2015, estimant que la BCE n’avait pas la compétence nécessaire pour réglementer les activités de compensation. Selon le tribunal, la BCE a seulement son mot à dire sur les systèmes de paiement. A charge pour elle de demander au législateur d’étendre ses pouvoirs sur les chambres de compensation.
Suite à cet arrêt, la BCE et le gouvernement britannique avaient décidé d’enterrer la hache de guerre et de mettre fin aux procédures juridiques. La BCE et la Banque d’Angleterre s’étaient de leur côté engagées à échanger davantage d’informations et avaient convenu d’un mécanisme de fourniture de liquidités pour soutenir les chambres de compensation en cas d’urgence.
Plus d'articles du même thème
-
Le compromis sur la supervision européenne des marchés ne satisfait pas la Commission
L’adoption d’une nouvelle version de MISP par le Conseil européen suscite la critique de la Commission qui aurait préféré conserver une supervision centralisée pour un plus grand nombre de plateformes d’échange. -
Corentine Poilvet-Clédiere (LSEG Group) : «Le grand moment de l’extension de la compensation du repo aux institutionnels approche»
La directrice générale de LCH SA (depuis 2023) et responsable de London Stock Exchange Group en France (depuis 2025) détaille pour L’Agefi les grands chantiers de l’opérateur dans l’Hexagone. -
BNP Paribas étend sa relation avec Proxymity pour ses services dédiés aux AG
BNP Paribas va proposer la solution de vote électronique aux assemblées générales de Proxymity à ses clients en conservation globale sur plusieurs continents dont l'Europe.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- Les banques européennes chutent avec le rebond des taux souverains
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
- La folie IA pousse l'ingénierie financière dans ses retranchements
Contenu de nos partenaires
-
Opération séductionPrésidentielle : à la conquête de la Gen Z
Le mouvement lycéen a fait irruption dans la campagne, plaçant la jeunesse au cœur du débat. Le défi est de séduire une génération plurielle, revendicative et marquée par une forte abstention -
EditorialBudget 2027 : en finir avec le simulacre
Ce simulacre tournera-t-il au massacre ? Eviter le krach financier est désormais l'unique ambition de Matignon. A raison -
Chevalier blancPourquoi l'Etat monte au capital du groupe minier Eramet
L'Agence des participations de l'Etat (APE) va devenir premier actionnaire du groupe minier à l'occasion de sa prochaine augmentation de capital