Le baril repasse 100 dollars après une nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient
La volatilité ne faiblit pas. S’il y a une constante depuis le déclenchement de la guerre en Iran, c’est bien celle de l’instabilité du prix du pétrole.
Après être tombé à 87 dollars mercredi dans la perspective de voir les pays occidentaux libérer 400 millions de barils de réserves, le cours du Brent s’est de nouveau envolé dans la nuit du 11 au 12 mars, jusqu’à 101 dollars, soit un écart de 16% en quelques heures, avant de retomber vers 96 dollars puis de rebondir au-dessus de 100 dollars le 12 mars dans la soirée.
Cette nouvelle flambée a été provoquée par l’annonce de l’attaque de deux pétroliers irakiens dans le Golfe persique. Ils auraient été frappés par des vedettes iraniennes remplies d’explosifs, marquant une nouvelle escalade dans le conflit. Un vraquier thaïlandais a également été touché.
Un peu plus tard, le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père, a par ailleurs tenu un discours particulièrement offensif lors de sa première prise de parole depuis sa nomination. Il a notamment appelé à maintenir le détroit d’Ormuz fermé. De son côté, le président américain Donald Trump a estimé sur son réseau social Truth que la hausse du prix du pétrole était moins importante que d’empêcher «l’Iran de se doter d’armes nucléaires et de détruire le Moyen-Orient voire le monde entier».
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Dans le même temps, la République islamique continue de faire planer la menace d’un minage du détroit d’Ormuz. Si elle était mise à exécution, elle pourrait perturber la navigation dans ce couloir qui transporte habituellement 20% du pétrole de la planète même après une éventuelle fin de la guerre. Dans l’hypothèse où ce passage névralgique resterait bloqué plus d’un mois et que des frappes endommageraient des infrastructures énergétiques dans la région, les analystes d’UBS ont prévenu dans une note publiée mercredi que le cours du Brent pourrait dépasser 150 dollars d’ici au deuxième trimestre.
Les actions se replient
Dans ce contexte, les Bourses européennes ont de nouveau terminé dans le rouge jeudi. L’Euro Stoxx 50 a perdu 0,8%, le CAC 40 0,7% et le Dax 0,2%. A Wall Street, le S&P 500 plongeait de 1,4% peu avant la clôture.
Du côté des taux, les rendements des emprunts d’Etat se sont tendus et ont retrouvé des niveaux plus vus depuis l’automne 2023 dans la zone euro. En Italie, celui de l’obligation souveraine à dix ans a grimpé de 10 points de base (pb), à 3,74%. Il a progressé de 2 pb en Allemagne, à 2,95%, et de 5 pb en France, à 3,62%. Aux Etats-Unis, le rendement à dix ans grimpait de 5 pb, à 4,26%.
«Du point de vue des marchés, le problème est que les investisseurs intègrent de plus en plus le scénario d’un conflit prolongé causant des dommages économiques étendus», estime Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank. «En l’absence de signes concrets de désescalade pour l’instant, les prix du pétrole restent élevés, ce qui accroît le risque d’un choc stagflationniste plus large», prévient-il.
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