Les pays occidentaux vont libérer jusqu’à 400 millions de barils de pétrole
A période exceptionnelle, décision inédite. Mercredi, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a indiqué avoir autorisé ses 32 pays membres – la plupart étant des pays occidentaux importateurs de pétrole – à libérer 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques d’or noir.
Ces stocks d’urgence s’élèvent à plus de 1,2 milliard de barils auxquels s’ajoutent environ 600 millions de barils détenus par des entités privées au titre d’obligations gouvernementales. «Les défis auxquels le marché pétrolier est confronté sont d’une ampleur sans précédent ; je suis donc très heureux que les pays membres de l’AIE aient réagi par une action collective d’urgence d’une dimension inédite», a déclaré Fatih Birol, le directeur exécutif de l’AIE.
Le chiffre de 400 millions de barils est en effet plus de deux fois supérieur aux 182 millions de barils qui avaient été libérés en 2022 lors du déclenchement de la guerre en Ukraine.
L’Agence n’a toutefois pas détaillé le rythme de déblocage de ces barils. «Les stocks d’urgence seront mis à la disposition du marché selon un calendrier adapté à la situation nationale de chaque pays membre et seront complétés par des mesures d’urgence additionnelles de la part de certains pays», indique l’AIE.
A lire aussi : Le choc de volatilité se concentre sur le pétrole
Un mois de pertes
Avant la guerre, de l’ordre de 20 millions de barils par jour (b/) transitait par le détroit d’Ormuz, qui relie le Golfe persique à l’océan Indien. Selon UBS, des pipelines saoudiens et émiratis permettraient de détourner 5,5 millions de b/j et les flux iraniens, qui continuent à emprunter le détroit, s’élèvent à 1,7 million de b/j. A un rythme de 12,8 millions de b/j, le stock de 400 millions de barils serait consommé en à peu près un mois.
La Chine, qui n’est pas membre de l’AIE, pourrait également débloquer une partie de ses propres réserves qui s’élèvent à environ 1,2 milliard de barils.
Le cours du pétrole a peu réagi à cette décision historique de l’AIE qui avait été largement anticipée par le marché. Le 11 mars, le prix du Brent grimpait de 3%, à 91 dollars. Il perd toutefois 24% sur son sommet de près de quatre ans inscrit le 9 mars en cours de séance à plus de 119 dollars.
Plus d'articles du même thème
-
Le Brent repasse sous 80 dollars
Le pétrole a connu mardi une nouvelle séance de baisse ramenant les cours à leurs niveaux de mi-juillet, alors que la perspective d’un accord pour la reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz se précise. -
Le prix élevé des hydrocarbures alimente les bénéfices des producteurs mondiaux
Le résultat net trimestriel de BP, qui atteint 5,73 milliards de dollars, est au plus haut depuis près de quatre ans, tandis que celui d’Aramco a bondi de 44% à 32,7 milliards de dollars d’un an sur l’autre. -
BPCE profite du jackpot de la marge nette d'intérêt
Porté par ses activités de détail, notamment dans le réseau des Caisses d’Epargne, le groupe bancaire améliore sa performance opérationnelle avec la première contribution de Novobanco. La banque portugaise, acquise au printemps, joue déjà avec son coefficient d'exploitation à 39%, sur le profil de coûts du groupe.
ETF à la Une
First Trust et Global X ETFs rejoignent la course aux ETF spatiaux
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- Les investisseurs troquent leurs carrés Hermès contre des sacs Gucci
- La Société Générale augmente sa cible de rentabilité et va racheter 1,5 milliard d'euros d'actions
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Citadel vole au secours d'un concurrent mis au tapis par la correction de la tech
Contenu de nos partenaires
-
Résultats trimestriels de SpaceX : l'heure de vérité pour Elon Musk
SpaceX dévoile ses premiers résultats trimestriels en Bourse mardi soir, alors que sa valeur a dévissé de moitié en deux mois. Elon Musk devra rassurer face à une dette colossale et des ambitions galactiques -
Deux salles, deux ambiancesCrise de Ceuta : le Maroc au défi de sa réalité sociale
Le royaume multiplie les grands événements et projets d'infrastructure, projetant une image de pays émergent. Son incontestable développement économique reste cependant profondément inégalitaire -
EditoPrésidentielle 2027 et ingérences russes : l'école, premier rempart de la démocratie face aux deepfakes
Après les algorithmes et les réseaux sociaux, le scrutin de 2027 sera le premier à l’heure de l’IA générative. Même si les précédentes campagnes connurent leur lot d’intox et d’infox, pour celle-ci, il va falloir plus que jamais trier le vrai du faux, se méfier d’éléments d’informations avérés mais… manipulés