L’avenir d’Alma Consulting Group suscite une bataille de projets
Les créanciers d’Alma Consulting Group auront le choix. Le numéro un du conseil en optimisation des coûts négocie la restructuration de sa dette senior et mezzanine de 430 millions d’euros, héritée de son rachat en LBO par Candover en 2007. Deux offres sont sur la table, a appris L’Agefi.
La première est portée par le fonds Babson, créancier depuis 2007 et qui pèserait un petit tiers de la dette senior. Alma passerait sous le contrôle de ses prêteurs seniors, conseillés par Leonardo, qui détiendraient autour de 75% du capital. L’offre prévoirait un versement cash de 10 à 15 millions aux créanciers, une dette réduite à 100 millions d’euros, soit entre 4 et 5 fois l’Ebitda prévisionnel 2014, selon certaines sources, et un complément à la sortie. Le projet est soutenu par Hervé Amar, l’actuel président de la société, et par un autre prêteur, le fonds New Amsterdam.
Mais le numéro deux du secteur, Leyton, lui aussi français, et conseillé par ING, propose de fusionner avec son concurrent. Une consolidation jugée nécessaire sur un marché très éprouvé par la crise, où les revenus d’Alma ont fondu à 170 millions quand Leyton a stabilisé les siens à 60 millions. Ce projet a le soutien de Marc Eisenberg, le fondateur d’Alma, débarqué fin 2011, mais toujours actionnaire (à 25% environ du capital) et qui aurait un pouvoir bloquant dans certaines holdings de tête.
Leyton proposerait deux options aux créanciers: toucher 85 millions cash avec la première, ou 65 millions avec la seconde en laissant 45 millions de dette dans la structure et avec l’espoir de récupérer au total 53% de leur mise à la sortie. L’entité combinée viserait 60 millions d’Ebitda en 2017, contre 35 aujourd’hui, pour 300 millions de revenus. Une injection de 60 millions de new money est prévue. Le levier serait inférieur à 3 fois.
«Les prêteurs seniors, à plus des deux tiers, et les instances de gouvernance du groupe Alma, ont refusé cette offre [de Leyton, ndlr] pour deux raisons, assure Hervé Amar, joint par L’Agefi. La prise de contrôle par les créanciers présente pour ces derniers une valeur potentielle de recouvrement de 100%, et sur le plan stratégique, les deux structures ont des positionnements différents : l’une plus axée sur les prix et les prestations low cost, l’autre, Alma CG, sur des expertises et du conseil à forte valeur ajoutée.»
Reste que selon d’autres sources, le projet Babson n’aurait pas été approuvé à ce stade, notamment par Marc Eisenberg. Et tous les prêteurs – tels ICG, et des banques françaises comme le CIC – auront leur mot à dire.
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