L’Autorité des marchés financiers dissèque les risques des Spac
Tout n’est pas à charge dans l’étude sur les sociétés chèque en blanc, les Spac (pour special purpose acquisition companies), publiée en fin de semaine dernière par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Cependant, après une partie descriptive où l’autorité explique leur fonctionnement et constate le nombre croissant de ces véhicules et des montants levés depuis deux ans, c’est bien sur les risques que porte la majeure partie du travail des rédacteurs.
Au 7 mai de cette année, 306 Spac américains ont levé 100 milliards de dollars, soit 84 milliards d’euros, après un peu plus de 80 milliards de dollars levés en 2020 pour 248 véhicules, rappelle l’AMF. Tandis qu’en Europe, 9 Spac ont levé près de 2,5 milliards d’euros, contre moins de 500 millions d’euros pour 6 Spac l’an dernier. Ainsi, au niveau mondial, les Spac ont représenté environ un tiers des 300 milliards de dollars levés en Bourse au premier semestre 2021. Ces chiffres expliquent en partie pourquoi l’AMF se penche sur le sujet.
Les Spac se caractérisent avant tout par le fait de ne pas avoir d’activité opérationnelle, ce qui restreint forcément le contenu de leur prospectus initial, « même si des informations relatives au secteur d’activité, aux sponsors et à tous les conflits d’intérêt significatifs doivent être fournis », précise le rapport.
Malgré ces informations, le premier risque des Spac mis en avant par l’AMF reste celui des conflits d’intérêts des promoteurs de ces structures. « Par nature, ils ont vocation à être résolus par une transparence accrue, c’est-à-dire une réduction des asymétries d’information sur les protections offertes et les facteurs et incitations propres à assurer l’alignement des intérêts en présence », explique le rapport. Les parties prenantes des Spac (fondateurs, investisseurs, sociétés cibles) doivent s’assurer des bonnes incitations et de la présence d’informations suffisantes pour effectuer leurs due diligences, « d’autant plus que ce type de véhicule ne fait en principe pas appel à un underwriter », par exemple une banque d’investissement qui a vocation à prendre, contre rémunération, une partie du risque d’une opération dans ses livres.
Par ailleurs, l’Autorité des marchés financiers met en garde contre un risque plus large que présente le recours accru à ce type de financement : celui d’un possible durcissement des autorités vis-à-vis de ce type de véhicules. « On peut (…) s’interroger sur l’effet du développement de ce mode de financement sur les normes d’admission en Bourse », souligne le rapport. L’AMF rappelle en outre que la Securities and exchange commission (SEC), le gendarme de la Bourse américain, enquête sur l’information donnée sur le projet de fusion du spac Stable Road Acquisition Corp avec la société Momentus.
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