La Banque de France milite pour un renforcement du cadre réglementaire non bancaire
L’apparente bonne santé des marchés financiers peut cacher des symptômes inquiétants. Dévoilé ce lundi, le rapport semestriel d’évaluation des risques du système financier de la Banque de France (BdF) relate de nombreux signes d’exubérance sur les marchés : la volatilité du bitcoin, le phénomène Spac ou les valorisations des marchés boursiers qui font craindre des chocs idiosyncratiques. Surtout, « plusieurs événements de marchés lors du premier semestre 2021 ont mis en lumière les vulnérabilités qui pourraient susciter de tels chocs », explique le rapport en faisant référence au short squeeze sur l’action GameStop, au dépôt de bilan de Greensill et au défaut d’Archegos.
Ces phénomènes s’ajoutent à un retour des risques liés aux taux bas : « Après une période de réduction brusque des risques en mars 2020, les fonds obligataires européens sont de nouveau exposés à un risque de crédit, de duration et de liquidités accrus, à la faveur de souscriptions nettes dans les fonds d’investissement de la zone euro. » Globalement, les fonds obligataires et actions sont exposés à des maturités plus longues sur des dettes moins bien notées pouvant conduire à des sorties significatives en cas de turbulence.
C’est pourquoi la BdF travaille avec les instances européennes et mondiales à des travaux sur le sujet. « Ces travaux pourraient mener à des ajustements de la réglementation encadrant le financement non bancaire (pour les fonds monétaires en particulier) », précise le rapport. En particulier, « un encadrement des activités des fonds monétaires enrichi d’une approche systémique, c’est-à-dire macroprudentielle, serait de nature à renforcer la stabilité du secteur, notamment au titre de son rôle dans le financement de l’économie réelle. » Pour le moment, ces acteurs sont soumis à des exigences microprudentielles alors même que « les tensions observées en mars 2020 se sont transmises via les fonds monétaires ».
«Des travaux sur la compréhension des risques systémiques associés à l’ensemble de l’intermédiation non bancaire sont en cours, afin d’éventuellement apporter une approche règlementaire, notamment au sein du Haut conseil de stabilité financière», conclut le rapport. Dans un autre registre, à la suite de l’affaire Archegos, les Etats-Unis réfléchissent eux aussi à des évolutions réglementaires, notamment concernant les family offices qui échappent à une partie de la réglementation outre-Atlantique.
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