L’Asie semble bien armée pour faire face à la crise économique mondiale
L’Asie fait décidément figure de bon élève en termes de croissance au sein d’un environnement économique et financier tourmenté. Surtout, les dirigeants de la zone conservent à leur disposition un arsenal défensif de mesures monétaires ou fiscales notamment comme bouclier face à la crise, alors que les pressions inflationnistes se sont atténuées. C’est ce qu’a rappelé hier le Fonds monétaire international, par la voix de son responsable pour la zone Asie-Pacifique, Anoop Singh, lors d’une conférence. Ce dernier s’est notamment félicité du comportement de banques régionales faisant usage de leur bilan solide pour soutenir le crédit et le financement des entreprises face au retrait des banques européennes.
Au sujet précis de la Chine particulièrement, locomotive régionale et mondiale, le cadre du FMI écarte tout risque d’atterrissage brutal de l'économie, notamment grâce aux mesures prises par Pékin pour atténuer l’ampleur de la bulle immobilière ou la dépendance envers la demande extérieure. « Les risques sont pris en compte », a-t-il estimé, confirmant une estimation de croissance de 8 à 8,5% pour le pays cette année et de 9% en 2013. Pour l’ensemble de la région Asie-Pacifique, le Fonds mise respectivement sur 6 et 6,5%. Signe d’une capacité de résistance, sur fond justement d’une demande domestique solide, alors que les prévisions mondiales ressortent à 3,3 et 3,9%. Pour autant, comme l’a souligné le FMI, le risque de contagion n’est pas nul.
A ce titre, Anoop Singh qualifie de «bienvenu» le récent repli des excédents commerciaux de nombreux pays de la zone, dans un contexte de baisse de la demande mondiale, si tout du moins cette tendance se confirme à long terme par un affermissement de la demande intérieure. Le dirigeant du FMI a refusé de se prononcer sur le taux de change du yuan, mais le FMI dans son rapport annuel en juillet dernier sur le pays avait regretté «un niveau significativement en deçà de celui cohérent avec les fondamentaux économiques à moyen terme».
Les devises asiatiques ont d’ailleurs entamé l’année 2012 avec vigueur, octroyant aux pouvoirs publics une protection contre l’inflation et une marge de manœuvre pour leurs politiques monétaires. Hier, l’indice Bloomberg-JPMorgan Asia Dollar, un panier des dix devises régionales les plus actives face au billet vert, hors le yen, gagnait 1,8% ce mois-ci. Une évolution récente à laquelle a pourtant échappé le yuan.
Plus d'articles du même thème
-
Le dollar demeure une valeur refuge
Retrouvez comme chaque semaine le chronique de DeftHedge sur le marché des changes. -
Intesa Sanpaolo relève de 800 millions d’euros son offre sur MPS
La première banque italienne avertit qu’elle retirera sa nouvelle proposition si les actionnaires de sa cible approuvent fin octobre le projet alternatif présenté par ses dirigeants. -
Le choc sur les taux préoccupe les gérants crédit
Le Panel Crédit de L’Agefi se montre d’autant plus prudent sur les spreads, ce mois-ci, que la forte hausse des taux souverains commence à avoir un impact qui incite à la sélectivité.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
Contenu de nos partenaires
-
DivanLycées, dette, budget : la France au bord du burn-out
L'accumulation inédite de crises intenses est révélatrice de l'attitude des Français face à l'école, au travail, à la politique, et à un modèle social qui n'a plus les moyens -
EditorialLycéens, actifs, retraités : la guerre des trois aura-t-elle lieu ?
Rien de ressoude plus une société divisée qu’un ennemi commun. Or, cet ennemi existe : c’est la dette ! -
Passage en caisseLycées bloqués et émeutes : qui va payer la casse ?
Le mouvement lycéen entamé le 21 septembre dernier ne faiblit pas et vire souvent aux émeutes urbaines. Face à la casse, collectivités, Etat, régions, et contribuables s'inquiètent de devoir payer la facture