L’appétit des investisseurs pour les « obligations catastrophes » ne cesse de grandir

Le volume mondial d’émission pourrait atteindre 4,5 milliards de dollars en 2011, dont plus de la moitié au quatrième trimestre, selon GC Securities
Benoît Menou

Le marché mondial des cat bonds est en ébullition. GC Securities souligne que le volume d’émission de ces «obligations catastrophes» a atteint 2,12 milliards de dollars cette année à fin septembre. Selon ce spécialiste de la réassurance au sein du courtier américain Marsh & McLennan, le montant pourrait plus que doubler au quatrième trimestre pour s’élever à 4,5 milliards en 2011. Le courtier, dont l’estimation basse pour l’année se situe à 3,5 milliards, relève que les trois derniers mois de l’année sont traditionnellement actifs.

Mieux, le portefeuille de transactions potentielles est d’ores et déjà susceptible d’animer «de façon significative» le marché au cours du premier semestre 2012. Cela sur une base diversifiée de risques, des tremblements de terre au Japon aux tempêtes en Europe. GC Securities juge qui plus est «probable» l’émergence de transactions concernant des types de risques non encore couverts, à la faveur de la capacité grandissante des investisseurs à comprendre et à modéliser financièrement les événements.

Si les émetteurs trouvent dans ces «obligations catastrophes» un moyen de transfert de risque afin de se couvrir contre les dommages des risques naturels, les investisseurs sont friands de ce placement aux caractéristiques décorellées de l’évolution bien incertaine des marchés traditionnels. Pour Chi Hum chez GC Securities, «la volatilité continue des marchés financiers ainsi que des rendements plus attractifs soutiennent l’afflux de capitaux». Les cat bonds sont plus que jamais un placement alternatif par excellence, même si 2007 reste l’année de référence, avec 5 milliards d’émissions à fin septembre.

Il semble loin déjà le temps de l’avertissement lancé par l’agence de modélisation du risque de référence RMS, qui avait jeté un froid sur le marché en début d’année en relevant son estimation de dommages possibles causés par les ouragans sur le territoire des Etats-Unis. La ferveur est effectivement revenue, du fait d’un climat plus clément que les prévisions (dix-sept tempêtes pour l’heure, sans aucune perte en principal pour le marché). Ainsi, le troisième trimestre, avec trois transactions (dépourvues de tout transfert de risque sur les ouragans aux Etats-Unis) enregistrées pour un total de 512 millions de dollars, a été la troisième période estivale la plus active jamais observée.

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