L’appétit des dirigeants en matière de fusions est au plus bas depuis 2009
Le pessimisme grandissant des chefs d’entreprises sur la croissance mondiale a des répercussions négatives sur leurs intentions en matière de croissance externe, selon le dernier baromètre semestriel d’Ernst & Young, qui reflète l’opinion de plus de 1.500 dirigeants interrogés dans 41 pays entre août et septembre derniers. 51% des répondants prévoient une persistance du ralentissement économique «pendant encore un à deux ans» et seulement 30% d’entre eux restent optimistes sur les perspectives d’évolution des bénéfices des entreprises, contre 44% en avril dernier.
La part des dirigeants ayant l’intention d’effectuer une acquisition dans les 12 prochains mois est tombée à 25% (après 31% en avril et 41% voici un an), au plus bas niveau depuis le début de ce baromètre en 2009. Les responsables français paraissent encore plus frileux, puisque seulement 18% d’entre eux songent à une opération de croissance externe.
L’enquête montre par ailleurs que 84% des dirigeants favorables à une acquisition privilégieront des transactions portant sur un montant de moins de 500 millions de dollars, 38% se contentant d’opérations d’une taille inférieure à 50 millions. Les destinations favorites restent la Chine, les Etats-Unis, l’Inde et le Brésil, l’Allemagne remplaçant l’Indonésie à la cinquième place.
Hormis une faible confiance dans l’avenir, les écarts de valorisation sur les cibles entre acquéreurs et vendeurs expliquent ce manque de dynamisme aux yeux de 24% des dirigeants sondés (30% pour les répondants en France). Si 18% des responsables mondiaux tablaient sur une baisse du prix des transactions en avril, 27% anticipent maintenant une telle évolution. L’optimisation du portefeuille d’activités des entreprises, jusqu’ici favorable aux cessions d’actifs, devrait également marquer le pas. Seulement 19% des responsables pensent procéder à un désinvestissement dans les 12 mois, contre 31% en avril et 26% à l’automne 2011.
«De plus en plus de dirigeants cherchent à améliorer les bénéfices de leur entreprise par une meilleure gestion de leurs coûts et de leur trésorerie, au détriment de la croissance organique ou externe», commente Daniel Benquis, associé chez Ernst & Young. Ainsi 31% d’entre eux (37% en France) prévoient d’utiliser leur trésorerie excédentaire au remboursement de la dette, alors que cette proportion ne dépassait pas 18% en avril (9% en France).
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