L’annonce d’un cessez-le-feu en Iran fait chuter les prix du pétrole et bondir les actions
Après l’avoir plusieurs fois repoussé, le président américain n’a finalement pas appliqué l’ultimatum fixé à l’Iran pour le grand soulagement des marchés.
Dans la nuit de mardi à mercredi, Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu de deux semaines pour laisser sa chance à la diplomatie. La République islamique a confirmé et annoncé une réouverture du détroit d’Ormuz le temps des négociations en vue d’un accord définitif. Les deux pays doivent discuter d’un plan de paix en 10 points proposé par Téhéran. «Nous avons reçu une proposition en 10 points de l’Iran et je crois que c’est une base de travail sur laquelle il est possible de négocier», a souligné le président américain.
En réaction, le cours du pétrole s’est immédiatement replié. Le prix du Brent a plongé de 15% pour tomber à moins de 95 dollars pour la première fois depuis le 11 mars. Le WTI américain a de son côté perdu 14%, à 95 dollars. Le prix du gaz européen TTF s’est également replié de 17%, à 44 euros le mégawattheure, soit un plus bas depuis début mars.
La flambée des prix de l'énergie depuis le début de la guerre en Iran fin février étant le principal facteur déstabilisant les marchés, ceux-ci se détendaient largement mercredi matin.
Les taux s’effondrent, les actions s’envolent
En fin de journée, les Bourses européennes s’inscrivaient en forte hausse. Peu après 16h45, l’Euro Stoxx 50 bondissait de 4,6% tandis que le CAC 40 gagnait 4,5% et le Dax 4,7%. A Wall Street, le S&P 500 s’adjugeait 2%.
Sur le marché des taux aussi le soulagement était palpable. Le rendement de l’obligation américaine à dix ans reculait de 8 points de base (pb), à 4,26%. En Europe, le taux souverain allemand chutait de 14 pb, à 2,94%, et le français abandonnait 21 pb, à 3,58%. En Italie, il s’effondrait de plus de 26 pb, à 3,72%.
L’euro remonte également à un plus haut face au billet vert depuis début mars, à près de 1,17 dollar. L’or gagne plus de 1% et a repassé temporairement la barre des 4.800 dollars l’once dans la matinée.
L’incertitude demeure élevée compte tenu notamment de la capacité du président américain à changer d’avis mais l’annonce de ce cessez-le-feu constitue le premier signe tangible vers une désescalade dans la région. La réouverture du détroit d’Ormuz, si elle se confirme, devrait fortement détendre les marchés du pétrole et du gaz naturel liquéfié. Avant la guerre, de l’ordre de 20% de la production mondiale d’or noir et de GNL empruntaient en effet ce passage.
«Dans son dernier message cette nuit, Donald Trump a semblé vouloir miser sur les perspectives d’une résolution complète, proclamant ‘un grand jour pour la paix mondiale’ et affirmant que les Etats-Unis ‘aideront à résorber l’accumulation du trafic dans le détroit d’Ormuz’», notent les stratégistes de Deutsche Bank qui rappellent que «la question la plus importante pour les marchés sera de savoir dans quelle mesure le transport maritime via Ormuz reprendra dans les jours à venir».
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