L’année 2009 devrait être plutôt active pour Citi en France
L’Agefi : Vous remplacez Jean Michel Steg depuis fin janvier au poste de responsable de la banque d’investissement et de financement pour la France et la Belgique chez Citi. Cela s’est-il accompagné d’autres changements au sein de vos équipes ?
Eric Coutts : Peu de changements sont intervenus. Nous sommes dix dirigeants, dont mon collègue Jérôme Morisseau et une équipe de 40 banquiers. Lors de son arrivée chez Citigroup, Jean-Michel Steg avait créé une très belle équipe et nous poursuivons sur ces acquis, qui nous permettent d’être régulièrement dans les dix premiers acteurs du secteur.
Cela signifie-t-il qu’il n’y a eu aucune réduction d’effectifs ?
E. C. : Comme toutes les banques, il y a des réductions d’effectifs et un plan est en cours. Mais à la différence de certains de nos concurrents, où beaucoup de changements d’équipes sont intervenus, nous gardons nos équipes locales quasiment intactes.
Avez-vous procédé à une réorganisation de vos activités ?
E. C. : Le réel changement a été opéré avec la fusion de nos activités de banque commerciale et de banque d’investissement, pour créer une entité baptisée «Global Banking». Annoncé l’été dernier, ce rapprochement est en cours au sein des différentes entités mondiales. En France, l’équipe est opérationnelle depuis janvier. Cela s’inscrit pleinement dans une logique visant à mieux répondre aux besoins de nos clients les plus proches, au nombre d’une quarantaine sur Paris. Notre offre s’inscrit dans une gamme allant des produits classiques, comme le conseil en fusions et acquisitions à des solutions plus spécifiques. Nous disposons des ressources nécessaires non seulement en termes de conseil mais également en termes de marché de capitaux et de la gestion du cash, qui est devenu une des grandes priorités stratégiques des dirigeants actuels. Et bien évidemment nous pouvons utiliser notre bilan pour nos clients.
Dans le sillage de la crise, les attentes de vos clients ont logiquement dû évoluer ?
Jérôme Morisseau : La nature des dialogues a beaucoup changé. Il existe une réelle dichotomie entre les clients sains, épargnés par la crise et ceux plus touchés avec un bilan fragile. Dans la première catégorie, les clients se focalisent sur l’optimisation de leur bilan et leur liquidité et préparent leurs projets d’acquisitions dans l’attente d’une stabilisation du marché. La vraie difficulté va être de bien choisir son calendrier d’exécution, sachant qu’il est peu probable que tous les paramètres s’alignent en même temps : prix des actifs au plus bas, environnement économique stabilisé et financements à nouveau disponibles. Nous réfléchissons donc avec nos clients aux meilleurs schémas possibles pour minimiser les risques d’exécution. Par exemple, nous pensons que, dans certains cas, des offres présentant une composante papier significative pourront être intéressantes : celles-ci présentent en effet le triple avantage de ne pas affaiblir le bilan de l’acquéreur, d’offrir aux vendeurs, alors que les prix sont au plus bas, un actif présentant un fort potentiel d’appréciation et réduire les risques d’exécution liés à la forte volatilité des marchés.
Qu’en est-il de la seconde catégorie de clients ?
E. C. : La fusion de nos activités nous permet de proposer une palette de solutions très large à nos clients. Nous cherchons à anticiper les problèmes de nos clients typiquement sur un horizon de dix-huit mois à deux ans. Plus nous pouvons travailler à l’avance, plus nous pouvons apporter de solutions.
Quelles sont vos prévisions pour cette année 2009 ?
E. C. : L’année 2009 devrait être plutôt active grâce aux diverses activités de gestion amont de la crise et la possible reprise des fusions-acquisitions plus classiques en fin d’année. Après une bonne année 2008, où nous avons gagné des parts de marché, 2009 débute favorablement. Nous sommes par exemple conseil du Trésor dans le cadre de l’opération Caisses d’Epargne / Banques Populaires et jouons un rôle central dans le refinancement annoncé par Lafarge.
Quels regards portez-vous sur l’évolution du marché ?
J. M. : Nous sommes très prudents quant aux prévisions sur la sortie de crise. Nous essayons dès lors de développer des stratégies pour nos clients qui s’adaptent à plusieurs scénarios de reprise du marché. Le cas favorable consiste en une stabilisation sur le plan économique courant 2010 anticipée six mois à l’avance par les marchés boursiers.
E. C. : Le chiffre important est celui du chômage américain, car la reprise viendra des Etats-Unis. Vers l’automne prochain, nous aurons une idée plus claire sur où se situe le fond de la crise.
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