L’AMF prend le risque d’exclure les particuliers des introductions en Bourse
Le petit porteur sacrifié sur l’autel de l’attractivité. Le Collège de l’Autorité des marchés financiers (AMF) «s’est prononcé en faveur de la suppression de l’obligation qui impose aux sociétés qui demandent, à l’occasion de leur introduction en Bourse, l’admission de leurs actions aux négociations sur le marché réglementé d’Euronext Paris de prévoir une tranche destinée aux investisseurs particuliers, dite tranche ‘retail’», a indiqué l’institution dans un communiqué mardi soir.
Autrement dit, les candidats à la cotation sur la place parisienne pourront réserver leurs titres aux seuls investisseurs professionnels alors qu’ils devaient jusqu’à présent consacrer un minimum de 10% du montant global de l’opération aux particuliers.
Selon l’AMF, cette obligation «fait peser une contrainte particulière sur les émetteurs qui envisagent de se faire coter sur le marché réglementé à Paris, en imposant aux émetteurs de réaliser une offre au public pendant au moins six jours ouvrables et en rendant plus complexe le montage de l’opération, ce que plusieurs candidats à la cotation sur le marché réglementé d’Euronext Paris ont pu déplorer, et continue à déplorer, depuis plusieurs années».
Une contrainte «spécifiquement française»
Face à la concurrence des places financières étrangères, l’Autorité estime ainsi que la suppression de «cette contrainte réglementaire spécifiquement française» s’inscrit «pleinement dans la lignée des différents projets actuellement en cours en faveur de l’attractivité de la Place financière de Paris». L’AMF évoque notamment la proposition de loi déposée début mars par le député Renaissance Alexandre Holroyd visant à améliorer le financement des entreprises et l’attractivité de la France. Elle rappelle également les propos du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, qui avait affiché en début d’année sa volonté de conforter la place de la France, devenue «la nation la plus attractive pour les investissements en Europe».
Dans ce contexte, le soutien du ministre à cette décision qu’il doit encore homologuer ne fait guère de doute.
Loin de considérer que cette possible exclusion des particuliers des introductions en Bourse pourrait affecter leur appétence pour les marchés actions, l’AMF estime au contraire que c’est le risque de voir des projets de cotations être réalisés ailleurs qui les priverait «de fait d’opportunités d’investissement sur le marché d’Euronext Paris».
Consciente de «l’importance de la participation des investisseurs particuliers au marché boursier primaire et secondaire», l’Autorité a toutefois prévu d’évaluer, d’ici à trois ans, les conséquences pratiques de ces nouvelles mesures.
A lire aussi : Euronext plaide pour une supervision unique des marchés en Europe
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