L’Allemagne va à nouveau débattre d’un plan budgétaire face au coronavirus
L’Allemagne envisagerait un programme de mesures budgétaires si l’épidémie frappait trop durement l’économie, a déclaré jeudi un responsable politique au quotidien Handelsblatt. Le pays, qui a signalé seulement 27 cas de contamination, dépend très fortement de la Chine en termes d’approvisionnement et d’exportations. Reuters a également pu confirmer que le gouvernement examinait diverses options pour préparer dans les prochains jours un plan susceptible de répondre à différentes situations.
Pourtant, le ministre de l'Économie Peter Altmaier a avancé prudemment sur le sujet face aux journalistes dans l’après-midi : «Je n’attends actuellement qu’un impact limité sur l'économie mondiale. Cela ne nécessite pas forcément d’intervention, mais cela dépend beaucoup de la façon dont la situation évolue (…). Il y a des discussions autour de mesures supplémentaires si le virus se propageait plus rapidement et causait des dommages économiques importants. Mais il ne s’agit pas de programme de relance budgétaire au sens classique du terme», a-t-il tranché face à l’inquiétude ambiante. Les discussions porteraient sur des mesures déjà évoquées, comme une modification de l’impôt des sociétés pour stimuler l'économie et l’investissement.
La chancelière fédérale Angela Merkel a jusque-là résisté aux appels, nationaux et étrangers, pour davantage de relance budgétaire, malgré des coûts d’emprunt historiquement bas et une économie qui a frôlé la récession cet automne. Et les conservateurs de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) ont encore rejeté jeudi l’idée d’une proposition du ministre des Finances de centre-gauche Olaf Scholz, relayée mercredi, d’assouplir les limites sur la dette fédérale afin de stimuler à ce niveau (plutôt au plan des Länder) les dépenses en infrastructures des villes trop endettées.
Ce projet prévoit de suspendre temporairement la règle d’or qui limite le déficit fédéral structurel - hors éléments conjoncturels même si cette règle découlant du traité budgétaire européen reste difficile à standardiser - à 0,35% du PIB annuel (environ 7 milliards d’euros pour 2020). Changer une telle règle constitutionnelle nécessiterait l’approbation d’une majorité des deux tiers au Parlement. A priori, Olaf Scholz, qui espère devenir le candidat social-démocrate (SPD) aux élections fédérales de 2021, continuera à travailler sur son idée, avec le soutien des partis écologiques et de gauche, afin de la présenter au printemps et de rouvrir le dialogue.
Plus d'articles du même thème
-
Le gouvernement annonce de nouvelles économies et évoque un dérapage du déficit public
Le Comité d’alerte des finances publiques s’est conclu sur la décision de réaliser 5 milliards d’euros d’économies supplémentaires, après les 6 milliards déjà mis en œuvre depuis avril, mais le déficit pourrait s’alourdir plus que prévu. -
L’ampleur du plan allemand peine à convaincre les économistes
Le paquet de 34 réformes annoncées jeudi 2 juillet va de la fiscalité au marché du travail en passant par la compétitivité, l’Etat social et la réduction de la bureaucratie. Promis depuis l’automne 2025, il est avant tout destiné à prouver aux Allemands que le gouvernement de Friedrich Merz peut agir et se mettre d’accord sans susciter de querelles internes. Certains aspects positifs pourraient cependant être contrebalancés par d’autres décisions à venir. -
L'activité du secteur privé se stabilise en zone euro, pas en France
L'indice PMI composite de la zone monétaire est tout juste à l'équilibre en juin. Il s'améliore moins que prévu dans l'Hexagone et demeure dans la zone de contraction.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
- Les actions coréennes approchent du bear market
- L’éthique algorithmique s’imposera bientôt au secteur financier
Contenu de nos partenaires
-
François-Noël Buffet proposé au poste de Défenseur des droits : pourquoi ça coince ?
Emmanuel Macron a proposé de nommer le sénateur LR au poste de Défenseur des droits pour succéder à Claire Hédon. Mais ses positions passées contre le mariage homosexuel ou la PMA crispent la gauche et le monde associatif. -
860 millions d'euros d'économies pour la France : l'Europe revoit les règles du chômage des frontaliers
Le Parlement européen a voté en faveur d’une révision des règles sur l'indemnisation du chômage des travailleurs frontaliers : à présent, c’est le pays du dernier emploi qui versera les allocations chômage des frontaliers, et non plus le pays de résidence. Une victoire pour la France -
Le projet de loi sur la justice criminelle vers une adoption définitive, sans le « plaider coupable »
Députés et sénateurs ont trouvé mercredi matin un accord sur le projet de loi sur la justice criminelle. Le texte porté par Gérald Darmanin devrait donc être adopté définitivement malgré l'examen d'une motion de rejet venue de la gauche