L’âge d’or des Gafam semble révolu
Pour les géants de la tech américaine, Google (Alphabet), Apple, Facebook (Meta), Amazonet Microsoft, assemblés dans le bloc des Gafam, qui a systématiquement battu les prévisions de résultats trimestriels, les temps ont changé. A l’exception d’Apple, ils viennent d’annoncer des résultats et des perspectives décevants tandis que la stratégie de Meta ne convainc pas. Leur chute en Bourse de 10% la semaine passée a effacé près de 400 milliards de dollars de capitalisation. Après une telle dégringolade, la performance depuis début 2021 de l’indice Gafam est passée sous celle de l’indice S&P 500. Depuis leur plus haut fin 2021, il a dévissé de 32%, comme le Nasdaq, mais plus que le S&P 500 (-20%)
«A l’exception d’Apple, les autres Gafam ont perdu leur statut de valeur refuge», constate Jacques-Aurélien Marcireau, co-responsable de la gestion actions chez Edram. Un statut justifiant une prime par rapport au marché. Jusqu’à présent la correction sur le segment des technologiques avait touché les valeurs intermédiaires, les Gafam ayant continué de défier les lois de l’apesanteur, souligne le gérant.
Des valeurs comme les autres
En relatif, et malgré la forte hausse des taux, défavorable aux valeurs de croissance car diminuant la valeur des bénéfices futurs, les géants américains de la tech avaient jusque-là mieux résisté que l’ensemble du marché. Ils bénéficiaient du sentiment partagé qu’ils étaient immunisés face à la conjoncture. Mais les accidents sur les résultats et les perspectives inquiétantes ont rebattu les cartes. «La capacité de ces entreprises à surnager, à traverser les cycles sans accident, est clairement remise en cause par le marché, poursuit Jacques Aurélien Marcireau. Les investisseurs pensent désormais que ce sont des valeurs comme les autres, qui sont aussi sensibles aux évolutions conjoncturelles et qui peuvent manquer leurs résultats trimestriels.»
Il faut néanmoins distinguer entre Microsoft et Google, qui font face à une décélération conjoncturelle de l’activité, et Amazon mais surtout Facebook ou Netflix qui affrontent non seulement une conjoncture difficile mais font aussi face à des questions de gouvernance et de stratégie. Mais pour le gérant, il serait injustifié que les entreprises les plus solides, sans risque majeur, corrigent au point de se traiter avec une décote. Pour l’heure, Alphabet capitalise 17 fois les bénéfices estimés pour 2022, au même niveau que l’indice S&P 500, tandis que Microsoft se paie 23 fois et Apple 22 fois.
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