L’affaire Barclays place les « dark pools » sur la sellette
Le nouveau scandale qui entache la réputation de Barclays depuis mercredi aux Etats-Unis va-t-il déstabiliser la banque? Les investisseurs en Bourse ont déjà manifesté leur désapprobation en faisant chuter le titre de plus de 6,5% sur le London Stock Exchange.
Certains clients ont également réagi au lendemain de l’annonce des poursuites intentées par le procureur général de New York. Selon la presse américaine, plusieurs courtiers se seraient déconnecté de Barclays LX, la plate-forme de transactions de gré à gré (ou dark pool) au cœur du scandale. Parmi eux se trouveraient Credit Suisse, Deutsche Bank et Royal Bank of Canada, Sanford C. Berstein, ITG et Voya Financial (qui a confirmé).
Si on lie la somme que pourrait devoir payer Barclays aux revenus générés par Barclays LX, elle serait absorbable. «La contribution de cette activité est négligeable –seulement 0,1% du revenu de l’ensemble du groupe– donc si l’amende était proportionnelle, elle serait sans conséquence», indiquent les analystes de Citi, qui estiment que le départ de clients n’affecterait pas l’activité du groupe sur les marchés actions.
Alors que les amendes –parfois colossales– infligées ces dernières années n’ont pas désarçonné les banques concernées, les mésaventures actuelles de BNP Paribas ont fait évoluer la perception du marché. «Ce qui préoccupe les investisseurs, c’est qu’ils ne sont plus certains de la nature proportionnelle et raisonnable des amendes infligées aux Etats-Unis par rapport aux fautes constatées», écrit Citi, qui est toutefois peu inquiète: contrairement à BNP Paribas, les poursuites contre Barclays n’ont pas de volet pénal.
Le risque de réputation n’est toutefois pas à négliger. La crédibilité du directeur général, Antony Jenkins, «Monsieur Propre» choisi l'été 2012 pour remettre la banque sur le droit chemin, est en jeu. Il a d’ailleurs annoncé à ses salariés jeudi soir qu’il avait lancé une enquête interne.
Reste également à savoir si l’affaire aura des conséquences sur l’activité des autres dark pools, déjà sous l’œil de la SEC. Ceux de Goldman Sachs et de Credit Suisse seraient déjà sous la surveillance de l’équipe du procurreur, selon le Wall Street Journal. Consciente de l’enjeu de transparence, la Financial Industry Regulatory Authority (Finra) publie depuis le 2 juin les statistiques hebdomadaires sur l’activité des plates-formes alternatives (dont les dark pools). Credit Suisse Crossfinder arrive en tête, devant Barclays LX et UBS.
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