La valeur du carbone va continuer à augmenter
Les mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) ont-elles une valeur pour la société ? Oui, vient de marteler la Commission d’experts missionnée début 2018 par le Premier ministre pour en mesurer l’ampleur grandissante et dont le rapport vient d'être publié.
«Il s’agit d’offrir une référence aux investisseurs publics et privés afin qu’ils orientent leurs investissements vers des projets qui permettront à la France de respecter ses objectifs climatiques», a expliqué, mardi 19 février, Alain Quinet, président de la commission qui a planché sur cette valeur de l’action pour le climat lors d’un débat organisé par France Stratégie.
Selon cette commission, la valeur cible s’établit désormais à 250 euros en moyenne par tonne de CO2 en 2030, puis, selon certaines conditions, pourrait continuer à s’envoler pour atteindre 500 euros en 2040 et pas moins de 775 euros en 2050, horizon que s’est fixé l’Etat pour atteindre la neutralité carbone.
Par rapport aux précédents calculs de la Commission en 2008, la valeur de l’action pour le climat a fait un bond spectaculaire : elle était alors chiffrée à 54 euros pour 2018 et 100 euros pour 2030. On parlait à l’époque de la valeur tutélaire du carbone, car fixée non pas par le marché mais par des calculs intégrant les résultats de plusieurs modèles, notamment ceux de l’Agence internationale de l’énergie. La hausse, explique Alain Quinet, est due au retard pris par la France dans la réduction des GES et le relèvement du niveau d’ambition.
Reste à savoir quel sens donner à ces évaluations un peu abstraites aux yeux des non-spécialistes. «Concrètement, une valeur de 250 euros par tonne de CO2 en 2030 signifie que toute action permettant de réduire les émissions de GES et ayant un coût inférieur à 250 euros par tonne de CO2 fait sens pour la collectivité, lui apporte de la valeur et doit donc être entreprise», explique Alain Quinet. C’est le cas par exemple de nombreuses mesures de rénovation thermique des bâtiments, mais aussi d’investissements dans les transports publics.
La bonne nouvelle est que l’augmentation de la valeur du carbone élargit l’éventail des actions possibles : développement des véhicules électriques, biomasse, énergies renouvelables «chaleur», travaux d’isolation…
Ultime précaution prise par Alain Quinet, les valeurs retenues ne préjugent pas des dispositifs incitatifs que doit instaurer l’Etat pour déclencher les bonnes pratiques chez les investisseurs, a t-il souligné, soucieux de ne pas relancer la polémique sur la taxe carbone.
Plus d'articles du même thème
-
Tikehau chercherait à s'adjoindre un nouveau partenaire stratégique
La société d'investissement tricolore a mandaté une banque d'investissement pour l'aider dans sa quête d'un nouvel actionnaire minoritaire au capital de Tikehau IM, sa filiale de gestion d’actifs portant l’activité de gestion pour compte de tiers du groupe. -
Le FEI soutient la diversité entrepreneuriale en Suède
Le fonds européen d’investissement s’est engagé à verser 20 millions d’euros pour inclure davantage de femmes et de fondateurs issus de l'immigration dans les circuits du capital-investissement -
Fundcraft et Stella s'allient pour faciliter la distribution des marchés privés en Europe
Les deux structures viennent de nouer un partenariat dans le but d'aider les gérants présents sur le non coté à déployer des produits sur le marché européen de la gestion de patrimoine. Un premier produit sera lancé au début de l'année prochaine.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
Contenu de nos partenaires
-
Casse-têtePouvoir d'achat : malaise économique, piège politique
La préoccupation numéro un des Français, que les violences ont reléguée au second plan ces derniers jours, sera évoquée mercredi lors du rendez-vous entre Sébastien Lecornu et les syndicats -
Chômage partiel, prêts à taux zéro… Les aides du gouvernement aux commerçants touchés par les violences
L’exécutif a annoncé mardi de premières mesures de soutien financier aux quelque 3 000 commerces dont l’activité a été touchée par les violences urbaines du 17 octobre -
Engagement mutuelEmmanuel Macron, meilleur ami des pays du Golfe… et de leur pétrole
Confrontés à l'instabilité de Washington, ces riches Etats pétroliers apprécient fortement les moyens militaires français engagés pour les défendre