La sortie des méga-LBO donne des maux de tête aux grands du private equity
Les lendemains de fête apparaissent souvent bien ternes. Les maîtres mondiaux du rachat d’entreprise avec effet de levier financier (leverage buy-out, LBO) ne pourront le nier à la lecture du rapport publié par Moody’s. L’agence a étudié 40 opérations de grande envergure représentant une valeur totale de 400 milliards de dollars sur des groupes non financiers et nouées aux Etats-Unis entre 2006 et début 2008, une période d’euphorie pour les LBO. Le bilan et les perspectives ne sont pas brillants.
En bref selon Moody’s, «faute d’amélioration sensible tant du climat des affaires que des valorisations boursières ou d’animation du marché des introductions en Bourse, il pourrait être difficile pour les investisseurs au sein de nombre de ces sociétés d’engranger un gain sur leur engagement initial en capital».
Alors que la crise de la dette européenne tétanise les marchés, le temps joue contre les sociétés de private equity, qui font face pour certaines d’entre elles à un mur de dette à l’horizon 2013-2015. Ce qui, selon le rapport, pourrait les contraindre à réaliser une IPO «de façon agressive». Sept opérations scrutées par Moody’s ont pour l’heure débouché sur une IPO, une issue souhaitée depuis le mois dernier par le casinotier Caesars Entertainment, racheté en 2008 par Apollo et TPG pour 31 milliards de dollars. L’agence estime que certains groupes souffrent de «structures de capital non viables» et présentent «un fort risque de défaut».
L’analyse des performances historiques ne plaide pas en faveur des sociétés reprises, dont 15 ont vu leur notation dégradée depuis le LBO (contre 3 notes relevées) alors que 3 ont sollicité la protection du régime des faillites.
En termes opérationnels, Moody’s souligne qu’au sein de l’échantillon étudié la croissance du chiffre d’affaires (en cumulé de 2007 au 30 juin dernier) a été limitée à 4%, dix points de moins que pour l’ensemble des sociétés non financières notées par l’agence. Cette dernière met néanmoins en lumière qu’à la faveur des efforts de réduction des coûts déployés par les sociétés de private equity, les LBO sous revue parviennent à devancer d’un point, à 19%, le rythme de croissance de l’univers noté général pour ce qui concerne l’excédent brut d’exploitation (Ebitda). Cinq membres du panel seulement ont versé de réels dividendes à leurs actionnaires.
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