La Société Générale entrevoit la fin du litige du précompte
En plein contentieux avec Bercy sur sa déduction fiscale liée à l’affaire Kerviel, la Société Générale entrevoit peut-être le bout du tunnel dans un autre dossier, celui du précompte mobilier. La Commission européenne a annoncé le 8 décembre avoir saisi la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) d’un recours contre la France pour discrimination sur l’imposition des dividendes. Le contentieux concerne la restitution d’impôts versés par des sociétés détenant des filiales dans d’autres Etats de l’Union européenne, dans le cadre de l’ancien dispositif de «précompte mobilier». Bruxelles demande à Paris de «se conformer pleinement» à l’arrêt Accor rendu par la CJUE en septembre 2011. Le Conseil d’Etat en avait seulement fait une «interprétation restrictive» en décembre 2012 dans des dossiers concernant Accor et Rhodia, en revoyant à la baisse les sommes devant être restituées aux entreprises plaignantes.
L’affaire intéresse de près la Société Générale, exposée aux précomptes mobiliers à hauteur de 1,5 milliard d’euros, selon son rapport annuel 2012. Avant la suppression de ce dispositif fiscal en 2004, la banque avait en effet racheté des créances de précompte de grands groupes, notamment Rhodia et Suez, qui souhaitaient optimiser leur bilan. BNP Paribas aurait elle aussi acquis des créances de précompte, selon une source, mais la banque n’a pas pu répondre aux sollicitations de L’Agefi.
«Si la cour de Luxembourg condamne la France, l’affaire devrait retourner devant le Conseil d’Etat qui devra trouver une solution» pour rembourser les groupes lésés, explique un bon connaisseur du dossier. Une issue favorable permettrait aussi à la Société Générale de reprendre la provision liée à ce dossier. La banque ne donne pas de montant précis pour ce litige, inscrit dans une provision de 300 millions d’euros passée fin 2012. A fin septembre 2016, ses provisions pour litiges totalisaient 1,9 milliard d’euros.
Au-delà des banques, les implications financières du dossier sont potentiellement lourdes pour les entreprises et pour l’Etat. «Au total, le montant maximal des remboursements à effectuer au titre du précompte mobilier est estimé à 4 milliards d’euros à fin 2011. Ce montant global n’a pas été fondamentalement révisé en fin d’année 2014», précise un rapport en annexe du projet de loi de finances 2015, qui inclut 400 millions complémentaires pour le contentieux lié au précompte. Le budget 2015 avait toutefois été établi «en supposant que la CJUE ne serait pas saisie».
Plus d'articles du même thème
-
Gift City fait une tournée auprès des financiers européens
BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, Société Générale et Natixis. Quatre banques françaises sont déjà implantées dans cette place financière indienne, destinée à accueillir aussi assureurs et réassureurs, fonds et fintechs grâce à un cadre réglementaire et fiscal attractif. -
L’Eurogroupe s’inquiète à nouveau pour la zone euro
L’Eurogroupe réuni vendredi à Dublin a débattu des inquiétudes actuelles autour du choc énergétique et de la hausse des taux. Ainsi que de l’urgence d’améliorer la compétitivité et la productivité, dont l’Union des marchés de capitaux. Son président a aussi appelé à relancer l’Union bancaire. -
Les socialistes plaident pour une contribution sociale généralisée sur les héritages « très élevés»
Cette taxe, qui sera soutenue par les élus de gauche lors des prochains débats budgétaires, viendrait s’ajouter au barème progressif des droits de succession en vigueur.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
Contenu de nos partenaires
-
SécuritéL’armée de terre française lance ses unités de drones de combat – enfin !
Testés et approuvés. A la manière des Ukrainiens, les forces françaises commencent à se doter de télépilotes de « FPV » opérationnels pour accompagner chars et blindés -
Guerre de positionsDe Glucksmann à Retailleau, la campagne présidentielle dans le piège de la radicalité
Les prétendants à l'Elysée issus des partis de gouvernement promettent une révolution en cas de victoire le 2 mai prochain. Mais quand sa première qualité est d'être raisonnable, peut-on parler comme les extrêmes ? -
Choix publicsL’impôt n’est pas un projet de société : la preuve par 5
La redistribution ne produit pas la mobilité ; au contraire, elle a figé les hiérarchies : la France est égalitaire, mais injuste