La Société Générale choisit une gestion au scalpel de ses actifs toxiques

La banque démantèle certains CDO pour économiser jusqu'à 800 millions d’euros de capital d’ici à 2013. Elle n’a pas opté pour des ventes massives
Alexandre Garabedian
Le siège de la Société Générale. Photo: Bloomberg
Le siège de la Société Générale. Photo: Bloomberg  - 

Natixis a vendu mi-2010 un gros bloc d’actifs toxiques pour rembourser l’Etat. Dexia va en faire autant afin de solder son portefeuille de produits structurés. Ce n’est pas la voie choisie par la Société Générale pour gérer ses actifs en extinction, qui ont été cantonnés et représentaient à fin mars 29,5 milliards d’euros. La banque de La Défense n’a pas eu d’argent public à rembourser, contrairement à ses deux concurrentes, et a opté pour une approche beaucoup plus chirurgicale.

Deux cas sont à distinguer. D’un côté, les actifs les plus simples, et ayant retrouvé une relative liquidité. La Société Générale ne s’interdit pas d’en vendre. Elle s’est délestée de 1,2 milliard d’euros de structurés de crédit au premier trimestre. Mais elle n’a pas cherché à céder massivement ces actifs pour profiter du redressement des prix de marché, qu’elle s’attend à voir se poursuivre dans les 12 à 18 prochains mois.

Pour les actifs très complexes et illiquides, comme les CDO de RMBS adossés à des prêts immobiliers subprime, la Société Générale privilégie une gestion au scalpel. Depuis le quatrième trimestre 2010, elle a démantelé trois de ces CDO. L’opération consiste à s’assurer une majorité de contrôle parmi les porteurs de tranches, puis à demander au trustee chargé de la gestion des actifs sous-jacents le remboursement des parts. La Société Générale touche donc les parts de RMBS qui constituaient le portefeuille du CDO.

Ce démantèlement a deux avantages. Un, certains actifs sous-jacents sont mieux notés que le CDO lui-même. Ce qui diminue les exigences réglementaires en fonds propres à mettre en face de ces titres. Deux, si le CDO est invendable en l’état, les RMBS qui le composent peuvent être cédés sur le marché. Grâce à ces deux effets combinés, «nous nous attendons à ce que ces restructurations libèrent jusqu’à 0,8 milliard d’euros de capital additionnel d’ici à fin 2013», a indiqué début mai aux analystes le directeur financier de la banque, Didier Valet. Avant toute cession, le seul effet lié à la meilleure notation des actifs sous-jacents est évalué à 300 millions d’euros d’économie de fonds propres.

La Société Générale compte enfin sur l’amortissement naturel de son portefeuille, qui prendra cependant du temps. De 30 milliards, il passerait «à 26 milliards d’euros fin 2012 et 11 milliards fin 2015, mais bien sûr nous accélérerons cet amortissement naturel à travers nos cessions», a promis Didier Valet.

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