La Société Générale a fait sauter ses modèles de risque en 2008
L’année 2008, et notamment le dernier trimestre consécutif à la faillite de Lehman Brothers, ont fait voler en éclats les modèles de risque des banques d’investissement. Il suffit pour s’en convaincre de consulter le document de référence de la Société Générale, mis en ligne le 4 mars sur le site de l’AMF. Le groupe y donne le résultat quotidien de ses activités de marché, comparé à la VaR (value at risk), un indicateur de risque censé fixer la perte maximale probable en éliminant 1% des scénarios les plus excessifs.
Premier constat: l’activité a connu, selon nos calculs, 118 jours de pertes dans l’année, soit quasiment une séance sur deux, ce qui marque une nette augmentation par rapport à un millésime 2007 déjà difficile (77 jours de pertes).
Deuxième constat: à 29 reprises, les pertes ont dépassé le montant de la VaR, «ce qui est largement en dehors de l’intervalle de confiance théorique de 99% correspondant à 2 à 3 excès par an», reconnaît la Société Générale. Les pics ont été concentrés en mars, moment du sauvetage de Bear Stearns, et en octobre. A trois reprises, les activités de trading ont brûlé plus de 200 millions d’euros en un jour, largement au-dessus de leur limite en VaR de 85 millions d’euros.
«En raison de la dislocation des marchés, les chocs survenus sur plusieurs facteurs de risque ont été largement supérieurs aux chocs historiques utilisés dans le calcul de la VaR», explique la Société Générale. La banque complète depuis des années cet indicateur en utilisant des stress tests, qui mesurent la perte résultant d’une évolution extrême des marchés. Un modèle qu’elle a cependant dû, là aussi, compléter en y intégrant les scénarios extrêmes observés en 2008.
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