La Sfil place un nouveau type de dette
Comme décidé au printemps, la Sfil est allée hier directement à la rencontre des investisseurs en plaçant en son nom un milliard d’euros de dette senior non sécurisée à 8 ans. La banque publique des collectivités, née sur les décombres de Dexia, émet ainsi un nouveau type de dette qui lui permettra de gagner en autonomie financière vis-à-vis de ses actionnaires et de se faire une place sur le marché des agences françaises. L’établissement, qui a par ailleurs commencé à refinancer des crédits exports, était jusqu’à maintenant présent sur les marchés via sa filiale la Caffil, qui émet des obligations sécurisées (covered bonds).
La Sfil (Aa3/AA/AA-) compte utiliser l’argent levé pour rembourser une partie des quelque 7,7 milliards d’euros qu’elle a principalement empruntés auprès de la Caisse des dépôts. Elle jouit en effet d’une ligne de refinancement auprès de celle-ci et de la Banque Postale. Les deux institutions sont ses actionnaires à hauteur de respectivement 20% et 5%, aux côtés de l’Etat. Les titres ont été placés avec une marge de 21 points de base au-dessus de l’OAT et offrent un coupon de 0,125%. «Cette opération nous permet de réaliser une économie significative par rapport à nos emprunts auprès de la CDC», se félicite Sami Gotrane, directeur des marchés financiers de l’institution. La Sfil ne précise pas l’ampleur de l’économie, mais le prix de la ligne de liquidité accordée par ses actionnaires a été fixé par les autorités européennes par rapport à la moyenne du coût de financement des banques françaises.
L’opération a rencontré une demande de près de 2 milliards d’euros de la part de plus de 80 investisseurs. «Les émissions Sfil ne viennent pas concurrencer celles de Caffil car plus de la moitié des investisseurs présents dans le livre d’ordres n’achètent pas de covered bonds, y compris Caffil», assure Sami Gotrane. Les participants ont été français pour près de la moitié, même si des Européens d’un grand nombre de pays ont répondu présent. Les trésoriers de banques ont par ailleurs représenté près de 36% des investisseurs, sachant que la dette Sfil entrera dans leur ratio de liquidité à court terme (LCR).
Les trésoriers et autres investisseurs peuvent compter sur de futures émissions. «On va construire une courbe dans les deux trois ans qui viennent et on va essayer de faire la plus complète possible dans la zone 3-10 ans», précise Sami Gotrane. La Sfil pourrait par ailleurs émettre en dollars.
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