La question du financement des fusions-acquisitions reste posée
Les fusions-acquisitions (M&A) seront nombreuses en 2010. Après le rebond des volumes en fin d’année 2009, beaucoup d’observateurs le pensent. Et les arguments ne manquent pas, de la corrélation entre M&A et marchés actions jusqu’à la consolidation nécessaire de certains secteurs, en passant par le matelas de cash de plusieurs acquéreurs potentiels.
Axa IM a souligné hier lors d’une conférence cette capacité de certains à financer des opérations (par exemple dans la santé). De même, «les utilities n’ont jamais affiché un tel écart entre le rendement du free cash flow et le rendement des émissions obligataires du secteur», a précisé Axa IM au vu d’un spread de presque 12 points.
Reste que cela ne suffira peut-être pas. C’est en tout cas la thèse défendue par Lombard Odier. Même si les leviers seront à coup sûr moins élevés que par le passé, l’établissement montre dans une étude la corrélation historique entre volumes de M&A et émissions de dette corporate. Les marchés obligataires se sont certes rouverts, mais les acquisitions nécessitent également très souvent des financements bancaires (même s’ils ne sont que temporaires). Or sur ce point Lombard Odier reste prudent. Pointant les pertes passées et les contraintes réglementaires à venir, il attend un resserrement des bilans des banques, et partant, des octrois de financements plus complexes.
Le financement en titres pourra bien entendu être un relais. Mais là encore Lombard Odier nuance les attentes au vu de l’impact dilutif pour les actionnaires. L’opposition récente de Warren Buffett à un large financement en actions de l’offre de Kraft sur Cadbury est un exemple des freins éventuels.
Le cash reste donc bel et bien l’arme décisive en ce début d’année en matière d’acquisition. Suffira-t-il à lui tout seul ? Selon Lombard Odier, les free cash-flows représentent aux Etats-Unis 1% du PIB, soit quelque 150 milliards de dollars. Un montant «difficilement suffisant pour envisager une frénésie d’acquisition».
Ce constat peut a priori être répliqué pour l’Europe. Si Axa IM croit aux M&A, il voit plutôt une montée en puissance au second semestre et même en 2011. Le temps que les financements redeviennent plus disponibles. 2010 ne connaîtra donc pas un pic. Pour preuve, selon Axa IM les volumes pourraient représenter 6 à 7% des capitalisations boursières contre le double en haut de cycle.
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